Vincent de Coorebyter (CRISP): "La différence majeure entre le sud et le nord du pays est plus culturelle que politique"

Président du Centre de Recherche et d’Information Socio-politiques (CRISP) et professeur de philosophie à l’ULB, Vincent de Coorebyter est l’invité du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 22 février sur La Première et ce dimanche 23 février sur La Trois. Au menu : l’état de santé de la démocratie et la crise politique belge.

Cette crise est-elle due au développement de deux démocraties, en Belgique, comme le dit Bart De Wever ? Pour Vincent de Coorebyter, c’est plus compliqué de ça. La différence entre le nord et le sud est plus culturelle que politique, selon lui : "Toutes les enquêtes d’opinion sur des thèmes politiques précis montrent que la différence entre les opinions des francophones et des néerlandophones est faible. Y compris sur un sujet comme l’immigration, l’intégration, etc. Pour autant, on voit là un écart considérable entre les votes des uns et des autres".

Différence culturelle

La différence est donc bien culturelle, selon Vincent de Coorebyter. Il existe deux spécificités flamandes, selon le président du CRISP : "Une tendance d’avantage identitaire, avec une focalisation sur le territoire, sur la langue, sur l’identité avec un passé spécifique d’une région rurale, attachée à ses frontières, à la langue comme vecteur d’une identité". Une tendance qui n’a pas d’équivalent du côté francophone, explique-t-il. "Et puis, on pourrait dire une dynamique néolibérale, managériale, une culture de l’effort, de la libre entreprise, du chiffre, qui met la Flandre beaucoup plus en phase avec une manière anglo-saxonne d’envisager l’économie. Alors que du côté francophone, de par, notamment, l’imprégnation du combat ouvrier, on a un autre rapport à l’entreprise et au travail".

Désobéissance

A propos de l’urgence climatique, Vincent de Coorebyter donne également une analyse de la désobéissance civile : "Je soutiens cette notion tant qu’elle est non violente et que les intéressés en acceptent les conséquences. On a le droit moral de se mettre dans l’inégalité en acceptant les conséquences de cette sortie de légalité. Mais, il ne s’agit pas de considérer que n’importe quelle frustration citoyenne face à l’inaction des pouvoirs politiques suffise à désobéir. D’un point de vue purement éthique, c’est une sorte de sortie de secours qu’il faut entendre intellectuellement, ce n’est pas un droit à l’insurrection sans justification. Cela ne m’étonne pas que, sur un enjeu urgent et donc les conséquences sont effrayantes selon certains scientifiques, certains citoyens y recourent".

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