Vers quel casting se dirige-t-on pour le gouvernement fédéral ?

Ce lundi, les deux coformateurs Paul Magnette (PS) et Alexander De Croo (Open VLD) doivent se rendre chez le Roi pour rendre leur rapport. Tous les deux espèrent qu’ils pourront annoncer au chef de l’Etat que les sept partis à la table ont conclu un accord de gouvernement et qu’il y a consensus sur le nom du Premier ministre.

C’est un très long dimanche qui attend les formations politiques autour de la table. Les arbitrages sont attendus sur les nouvelles mesures, un paquet de plus de 10 milliards est en discussion, un paquet qui va très certainement fondre à mesure que les minutes vont s’égrener.

Reste les compétences et le casting. C’est évidemment ce dernier qui fait courir le plus de rumeurs, plus ou moins réalistes, plus ou moins fantasmées. Voici ce qui ressort dans les partis francophones.

Premier ministre

Ici, c’est relativement simple, cela se joue – sauf énorme surprise – entre les deux coformateurs, Paul Magnette et Alexander De Croo. Elio Di Rupo estime qu’il n’est pas " illégitime de demander " le poste de Premier. Mais le "16" coûte "cher". Obtenir le poste de Premier ministre, c’est renoncer à (au moins) un solide portefeuille. Le PS, absent du fédéral depuis 6 ans, aura à cœur de montrer " qu’avec eux, c’est mieux ", et ça passe par des mesures sociales, en santé, et pas nécessairement par les strass et paillettes qui accompagnent le Premier ministre. On mettra donc une petite pièce sur Alexander De Croo, par ailleurs parfait bilingue.

Kern

Après le "PM", les ministres du comité ministériel restreint (ou kern) sont les plus importants. Chacun.e est le chef.fe de file de son parti au gouvernement, il ou elle incarne la ligne et est, habituellement, en contact privilégié avec sa présidence.

Il n’y a guère de suspense ici non plus. Sophie Wilmès a laissé entendre ce samedi qu’elle serait la vice-Première ministre MR. Chez Ecolo, le chef de groupe Georges Gilkinet est lui aussi partant certain pour le kern. Au PS, pas mal de noms ont circulé, mais les dernières semaines ont permis au jeune ministre wallon Pierre-Yves Dermagne de participer en première ligne aux négociations fédérales. Le socialiste a d’ailleurs suivi un stage en néerlandais au Ceran… Pierre-Yves Dermagne n’a jamais caché être un républicain, il devra tout de même prêter serment dans les mains du roi Philippe s’il était désigné.

Pour les autres postes, la lutte en coulisses fait rage. Le PS devrait disposer de deux autres postes. Une femme et un homme. Karine Lalieux et Nawal Ben Hamou sont citées, tout comme le ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles Frédéric Daerden (lui aussi passé par le Ceran), le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close (qui nous a dit ce samedi " se sentir très bien à la Grand-Place ") et le chef de groupe PS au Parlement bruxellois Ridouane Chahid.

Au MR, il y a beaucoup d’appelés et un seul élu. Un favori semble se dégager : l’actuel vice-Premier ministre David Clarinval. Il dispose de la confiance de Georges-Louis Bouchez. Philippe Goffin pousse en interne, alors que Denis Ducarme peut faire valoir son expérience ministérielle. Reste un outsider, qui pourrait coiffer tout le monde sur la photo finish : Jean-Luc Crucke, le ministre wallon qui est un habitué des plateaux du nord du pays.

Chez Ecolo, Zakia Khattabi a déjà annoncé qu’elle ne souhaitait pas devenir ministre. Il n’empêche, son nom continue de circuler. Tout comme celui de l’actuelle ministre de la Culture Bénédicte Linard et celui de la députée fédérale (et proche du coprésident Jean-Marc Nollet) Marie-Colline Leroy.

Une option est encore sur la table : la présence de secrétaire d’Etat, particulièrement côté néerlandophone où il faut se partager sept postes à quatre partis. Mais depuis la VIe réforme de l’Etat et le transfert important de compétences qui en a découlé, l’on pourrait s’en passer, sauf s’il faut rééquilibrer les rapports de force Intraflamands…

À noter que la volonté des coformateurs est de proposer un gouvernement paritaire, sept hommes et sept femmes. Le Premier ministre, qui peut être considéré comme asexué linguistiquement selon la Constitution, le pourrait être cette fois-ci un peu plus.

Conclusion

Côté francophone, la mise sur pied d’un gouvernement fédéral pourrait entraîner un jeu de chaises musicales entre fédéral et entités fédérées, particulièrement au parti socialiste. Alors que le centre de gravité du fédéralisme belge était censé s’être modifié au profit des régions, deux ténors wallons (Dermagne et Crucke) pourraient quitter Namur pour Bruxelles. Signe pour ces partis, si cela se confirme, de l’importance de cette législature Vivaldi.

Enfin, reste le plus dur : officialiser ces noms…

Analyse du blocage politique dans notre 19h30 de ce 28 septembre

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