Vers des élections anticipées ? Les réponses aux questions que vous vous posez

A priori, les prochaines élections c’est pour mai 2024, mais si le blocage persiste, que toutes les formules pour former un gouvernement fédéral ont échoué, les Belges pourraient bien retourner plus vite que prévu aux urnes.

Une option dont a priori personne ne veut, mais à laquelle tout le monde pense, voire se prépare… au cas où. Mais des élections anticipées pour rebattre les cartes d’un jeu complètement bloqué, est-ce la solution à tous les problèmes ?


►►► A lire aussi: La Belgique s'est arrêtée le 26 mai 2019


D’abord, les modalités ?

Pour convoquer des élections anticipées, il y a deux possibilités.

La Chambre, Sénat et gouvernement s’accordent sur une liste d’articles de la Constitution ouverts à révision. Une fois la liste votée à la majorité simple, les Chambres sont dissoutes. Et après publication au Moniteur, les élections sont convoquées endéans les 40 jours.

Autre option : le Roi décide de dissoudre le Parlement. Elle est actée à la majorité absolue à la Chambre, soit minimum 76 voix sur 150. Les élections sont convoquées endéans les 40 jours.

Une constante pour tous les cas de figure, il faudra une majorité au Parlement pour retourner aux élections.

Les partis ont-ils les moyens ?

Les élections, ça coûte cher et elles sollicitent beaucoup les finances des partis. Tous les partis ne sont pas égaux devant le nerf de la guerre. Du côté des petits partis, les caisses sont vides, financer une nouvelle campagne serait douloureux. Dans les grands partis, les finances ne sont pas toujours plus grasses, mais ils peuvent activer plus facilement d’autres leviers, comme le recours à l’emprunt. Certains partis disposent même d’un petit trésor de guerre.

Qui risque d’y gagner ?

Le retour aux urnes pourrait avoir des conséquences très différentes d’un parti à l’autre. Ceux aux extrêmes, comme le PTB en Wallonie et le Vlaams belang en Flandre – peu impliqués dans le blocage politique - pourraient en sortir encore un peu plus renforcés qu’au lendemain du 26 mai dernier, en captant le vote des mécontents.

Qui risque d’y perdre ?

Des élections anticipées, c’est un la bouteille à encre pour les autres partis.

Ainsi, la N-VA a perdu beaucoup de voix (- 300.000) en mai dernier au profit du Vlaams belang. Retourner rapidement aux urnes, pour les nationalistes flamands s’est risqué une nouvelle hémorragie d’électeurs, déçus par leur incapacité à s’imposer au Fédéral.

Le CD&V, l’Open-VLD et le S.PA ont tous perdu beaucoup de plumes au dernier scrutin. Le trio flamand n’est pas au mieux de sa forme, affaiblis et englués dans des élections présidentielles internes. Pas évident du coup de se présenter devant l’électeur avec une ligne claire.

Côté francophone, le PS a fait le plus mauvais score de son histoire en mai dernier. Des élections anticipées constitueraient une occasion de se refaire une santé en se présentant comme l’aile protectrice des francophones ? Une stratégie qui relève du quitte ou double avec un PTB en embuscade. En tout cas, dans l’état-major socialiste, on se dit prêt à retourner au charbon, les listes seraient même faites, toutes les têtes de gondoles du parti mobilisées.

Le MR fait partie du club des perdants aux dernières élections et il traîne toujours l’image de la formation qui a pactisé avec la N-VA. De plus, ses deux figures de proue, Charles Michel et Didier Reynders, sont sur le départ. Mais les Bleus pourraient tirer leur épingle du jeu en apparaissant comme le parti responsable, prêt lui au compromis quand la maison brûle.

Le cdH, en pleine crise existentielle, se cherche un nouveau logiciel. Les Humanistes sont loin d’avoir accompli leur mue (qu’ils entendent faire depuis les bancs de l’opposition). Des élections début 2020, c’est le risque de se lancer dans une campagne sans être vraiment en ordre de marche.

Pour Ecolo, de nouvelles élections relèveraient du saut dans l’inconnu. Les Verts seront-ils dans la capacité de réitérer leurs scores de mai dernier ? D’autant qu’ils sont très occupés à gérer leur participation au pouvoir en Wallonie et à Bruxelles.

Et les Belges ?

Ni gagnant, ni perdant. Finalement, les Belges auraient surtout entre leurs mains, leur destin. Consommeront-ils la rupture entre le Nord et le Sud du pays ? C’est la question qui met tous les partis confondus sur les charbons ardents. Par ailleurs, ces élections ne concerneraient que le niveau fédéral mais elles risquent aussi au passage de semer la zizanie dans les entités fédérées en bouleversant les alliances régionales.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK