Véronique Halloin (Fonds de la recherche scientifique): "Nous souffrons d'un sous-financement"

Secrétaire générale du FRS-FNRS, Véronique Halloin est ce samedi 28 avril l’invitée du Grand Oral RTBF-Le Soir sur La Première. 90 ans pratiquement jour pour jour après la création du fonds, sous l’impulsion du roi Albert 1er, elle dresse le bilan du secteur de la recherche en Fédération Wallonie-Bruxelles et plus globalement.

Le FNRS a été créé comme fondation d'utilité publique par un groupe de savants et d'industriels et placé sous la direction d'Émile Francqui, le 27 avril 1928. 90 ans plus tard, sa priorité reste la recherche fondamentale. Mais le FNRS s’ouvre à d’autres recherches, qualifiées de " stratégiques ". " C’est une recherche fondamentale dans des thématiques que l’on identifie comme prioritaires mais pour lesquelles le pouvoir politique a donné des subventions supplémentaires ", explique Véronique Halloin.

Le chercheur reste-t-il pour autant libre de choisir son sujet de recherches ? " Oui ", répond la patronne du FNRS. " Aujourd’hui, le FNRS travaille sur base d’appels à projets et avec une base de plus de 12.000 experts internationaux. Chacun est libre de déposer son projet. Et ce sont des commissions scientifiques qui vont se réunir et décider sur base des évaluations ", explique-t-elle.

3 Nobel depuis 1945

Depuis la seconde guerre mondiale, la Belgique a reçu seulement 3 prix Nobel scientifiques, le dernier en 2013 avec François Englert. Réaction de Véronique Halloin : "Notre recherche est de qualité. Le nombre de Nobel n’est pas l’indicateur d’une qualité générale de notre recherche. Il y a d’autres indicateurs d’attractivité comme le nombre de chercheurs étrangers qui viennent travailler chez nous. En termes de publications scientifiques en collaboration internationale, on a aussi un score largement supérieur à la moyenne européenne ".

3 % du PIB en 2020 ?

Tout va donc bien ? "Non, on manque de financement", concède-t-elle. La Belgique parviendra-t-elle à atteindre l’objectif de consacrer 3 pour cent de son PIB (produit intérieur brut) à des dépenses de recherche et développement en 2020 ? "Nous sommes effectivement plutôt aux environs de 2,5 pour cent pour la Belgique, mais beaucoup de pays européens ne sont pas à cet objectif ", précise Véronique Halloin qui pointe un déséquilibre important entre financement public et privé.

"Les pouvoirs publics ont conscience de l’enjeu de la recherche fondamentale", ajoute-t-elle.  "Il n’y a pas eu de coupes budgétaires, ce qui n’est pas évident actuellement. Par contre, il est clair que l‘on souffre d’un sous-financement. Un fait objectif : on ne peut financer que 1 candidat sur 5 à un post doctorat".

100 ans dans 10 ans

Et pour les 10 prochaines années, que souhaitez-vous au FNRS ? Véronique Halloin conclut : " De garder cette liberté, c’est la richesse du système. On a une structure actuelle même si le FNRS a 90 ans. Et donc je lui souhaite de continuer dans cette gouvernance qui est la sienne avec des moyens si possibles accrus ".

L’interview de Véronique Halloin a été réalisée par Eric Burgraff, chef adjoint du service société au journal Le Soir, Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’information à la RTBF, et Jacques Crémers, chef de rédaction de La Première/RTBF.

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