Ventes "opaques" des filiales Nethys : "Le plus important, c'est de défendre l'intérêt des communes"

Les communes actionnaires réagissent aux ventes Nethys: "Notre priorité, c'est de défendre l'intérêt public"
Les communes actionnaires réagissent aux ventes Nethys: "Notre priorité, c'est de défendre l'intérêt public" - © Tous droits réservés

La saga Nethys/Publifin s’est enrichie d’un nouveau feuilleton ces derniers jours, avec la révélation de la vente de Voo à un fonds américain en mai dernier, juste avant les élections fédérales et régionales. Win et Elicio, deux autres filiales de Nethys, pourraient être également revendues à Ardentia Tech, une société récemment créée par Francois Fornieri et dont Stéphane Moreau est administrateur et délégué à la gestion journalière.

Ces révélations ont fait réagir la classe politique, mais aussi les communes actionnaires Enodia (anciennement connue sous le nom de Publifin), l’intercommunale liégeoise possédant Nethys : les négociations de ventes se sont faites en secret, "dans le respect du mandat qui lui avait été donné [par Enodia, ndlr], et dans le respect de la confidentialité imposée par les affaires", s’est justifié le CA de Nethys.


►►► Moreau procède au dépeçage de Nethys avant de partir… vers une des filiales vendues : qu’est-ce qui pose problème ?


Le bourgmestre de Soumagne, une des 76 communes actionnaires d’Enodia, l’a confirmé au micro de la RTBF : ces communes n’ont pas du tout été mises au courant de la vente de Voo. Le hic pour les administrateurs de Nethys, c’est que ce sont ces communes qui auront le dernier mot pour avaliser ou non ces transactions financières. Ce mardi, les cinq administrateurs de Nethys ont donc communiqué publiquement, afin de tenter d’apaiser ces communes qui pourraient réduire à néant les accords de vente. Le message principal est que les administrateurs ont fait ce qu’ont leur a demandé de faire, Enodia ayant mandaté Nethys en décembre 2018 pour procéder à la privatisation de ses activités concurrentielles.

Le problème est donc bien le secret qui a entouré ces ventes, et l’opacité autour des transactions et ce que les communes pourront récupérer de ces ventes. "On n’a pas du tout été consulté dans le projet de vente de Voo, on est actionnaire et on n’a eu aucune information. Donc maintenant notre job c’est de comprendre l’opération […] Le plus important, c’est de mettre en place des moyens efficaces pour défendre l’intérêt des communes." explique Benjamin Houet.

Parmi les moyens évoqués par le bourgmestre de Soumagne, se tourner vers le nouveau ministre de tutelle, voire un cabinet d’avocats. "On souhaite vraiment gérer l’investissement communal au mieux, et s’il faut passer par un cabinet d’avocats pour être bien conseillés, nous le ferons." Sans parler tel quel de poursuites judiciaires, le libéral l’affirme haut et fort : "La priorité, c’est de défendre l’intérêt public".

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