Vente de Voo à Providence : une nouvelle offre acceptée par le CA d'Enodia

Le Conseil d’administration d’Enodia, la maison mère de Nethys, s’est réuni cet après-midi. Au cœur des discussions du nouveau management, la privatisation du câblo-opérateur Voo, l’une des filiales de l’intercommunale. Elle doit être rachetée par le fonds américain d’investissement Providence. Pour rappel, la première tentative de vente avait été annulée par le ministre wallon des pouvoirs locaux Pierre-Yves Dermagne.

Il estimait que le prix de vente avait été sous-évalué de 150 millions d’euros. Il était, à ce moment-là, prévu de vendre 51% des parts de Voo. Mais casser le contrat coûterait trop cher et prendrait beaucoup de temps.

Sans trop de suspense, le conseil d’administration a donc approuvé cette nouvelle offre de vente. PS, MR et Ecolo se sont positionnés favorablement. "On n’a plus qu’à confirmer la décision de Nethys. Je ne vois pas pourquoi ça n’irait pas aujourd’hui. On a tous les éléments en main, on a été rassurés sur pas mal de choses comme le fait que l’activité économique restera sur Liège et le travail également. Donc je pense que c’est le jour J", confiait l’administrateur libéral, Fabian Culot à l’entrée du CA.

Seul le PTB a voté contre. "On constate qu’il n’y a pas de garantie contrairement à ce que les autres administrateurs disent. Pas de garantie en matière d’emploi ferme, ou d’investissement ferme. Et qu’on va donner les clés de cet actif à un fonds américain dont le seul objectif est d’avoir, chaque année, un retour sur investissement de 10%", explique l’administrateur du PTB, Damien Robert qui affirme que la pression sera donc mise sur les travailleurs et les clients de Voo.

Une nouvelle mouture du contrat

Mais le nouveau management de Nethys a, du coup, revu le prix de vente à la hausse. Mais ce n’est pas tout. Dans ce nouveau contrat, les garanties d’ancrage local des activités ainsi que l’emploi chez Voo ont été renforcées, puisque c’était l’une des craintes que suscitait cette vente à un groupe américain.

"Nous améliorons le prix, nous renforçons les conditions relatives à la préservation de l’emploi du siège social, des filières, des sous-traitants comme le Call Center de Herstal. Donc toutes ces exigences sont renforcées via des majorités spéciales, des droits de veto au sein du conseil d’administration de la future société", explique Muriel Gerkens, administratrice pour Ecolo.

"On a fixé un prix minimal parce que nous devons faire face à un ancien management de Nethys qui a caché énormément de choses. Et donc, quand Providence va aller examiner les données chiffrées de Voo, il se peut qu’ils découvrent des malversations ou des chiffres qui ne sont pas corrects. On a donc pris des précautions", ajoute-t-elle.

Mais ce prix minimum est quand même supérieur à la première offre réalisée sous l’ère de Stéphane Moreau puisqu’il s’élève à 1,1 milliard d’euros pour la valeur totale de Voo. La vente des 51% devrait rapporter, selon les estimations, entre 350 et 485 millions. Et donc plus d’argent aux communes liégeoises d’Enodia, l’actionnaire de Voo et à la province de Liège.

On doit réparer les erreurs qui ont été commises

Le nouveau conseil d’administration affirme aujourd’hui devoir réparer les pots cassés. "La situation dans laquelle on est, c’est que l’on doit réparer une mauvaise gestion et des malversations de l’ancien management. Donc on ne peut pas faire ce que l’on aurait voulu de manière idéale. On doit réparer les erreurs qui ont été commises. Et, à ce titre-là, il était impossible de casser complètement et de manière unilatérale le contrat qui nous liait à Providence sans devoir payer des pénalités. Or, Voo est en négatif, n’a pas d’argent liquide, doit assumer des dettes et n’a pas la capacité d’investir pour améliorer son réseau. Et si on va en contentieux, on est bloqué pendant trois ans, ces investissements-là sont impossibles et donc les concurrents vont prendre le marché et Voo, il n’y aura plus qu’à le liquider", selon Muriel Gerkens.

Le câblo-opérateur est donc dans une passe difficile. Et la situation fait que le groupe américain Providence est, lui, en mesure de lui apporter rapidement les moyens de se redresser.

Reste à voir si le fonds américain d’investissement acceptera le nouveau prix proposé pour Voo et acceptera les nouvelles conditions d’achat.

Une page qui se tourne ?

Cette décision aujourd’hui est aussi symbolique pour beaucoup de membres du conseil d’administration. La présidente d’Enodia, Julie Fernandez Fernandez (PS) estime que "c’est, aujourd’hui, un moment important pour la société. Il y a une nouvelle équipe qui est là, tant chez Nethys que chez Enodia, une nouvelle façon de travailler notamment via un comité d’actionnaires. Il y a une volonté de ramener de la transparence. Et, autour de la table, on a retrouvé la sérénité utile pour mener ce genre de débat."

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