Vente d'armes à l'Arabie saoudite: "Que la Belgique donne le bon exemple"

Vente d'armes à l'Arabie Saoudite: "Que la Belgique donne le bon exemple"
Vente d'armes à l'Arabie Saoudite: "Que la Belgique donne le bon exemple" - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Faut-il continuer à vendre des armes à des pays et à des régimes répressifs, des pays qui font la guerre, avec pour conséquence de nombreuses souffrances chez les civils ? Question éthique, mais aussi question économique, puisque ces armes fournissent des emplois chez nous. Alexander de Croo, le ministre fédéral Open VLD à la Coopération développement, souhaite que l’on arrête de livrer des armes fabriquées en Belgique à l’Arabie saoudite.

Une grande catastrophe humanitaire

"Aujourd’hui, il y a la plus grande catastrophe humanitaire qui est en train de prendre place depuis la Deuxième guerre mondiale, déclare le ministre sur nos ondes. Il y a 20 millions de gens qui sont en train de mourir, 1.5 million d’enfants, et c’est souvent à cause de conflits qui sont nourris par des armes fabriquées en Europe, et en Belgique. Ce sont les Régions qui ont la possibilité de donner des licences d’exportation. Ce que je demande, c’est qu’aujourd’hui, pour des raisons purement humanitaires, au moins on arrête par exemple de vendre des armes à l’Arabie saoudite, qui mène une guerre tout à fait cruelle au Yémen aujourd’hui", précise-t-il.

Benoit Lutgen, notre invité sur La Première, a proposé au ministre de la Coopération au développement de déposer un dossier à l'Europe pour interdire toute forme d’importation et d’exportation à l’Arabie saoudite. Une manière de noyer le poisson, selon Alexander De Croo. "Ça, c’est vraiment pousser la patate chaude vers l’Europe, comme ça on est sûr qu’il n’y a pas de décision, et comme ça on peut continuer à vendre des armes. Ce que Paul Magnette et Benoît Lutgen disent, c’est qu’en fait ils préfèrent que les enfants au Yémen soient massacrés avec des armes belges plutôt qu’avec des armes françaises ou allemandes. C’est ça la position du PS et du cdH aujourd’hui. Je pense que c’est quand même une position assez cruelle".

Ce que je demande aujourd’hui, c’est que la Belgique donne le bon exemple

Et quand on demande à l'Open VLD si les licences d'armes ne devraient pas redevenir une compétence fédérale au lieu d'être attribuée aux Régions, il argue que la question n'est pas là, et que c'est en effet aux Régions de prendre leur responsabilité. "C’est un débat à avoir peut-être à un moment donné, mais honnêtement, aujourd’hui, ce que je demande, c’est juste un cri de cœur humanitaire. Honnêtement, je pense qu’aujourd’hui les enfants qui sont en train de mourir dans le monde ne se soucient pas de qui est compétent, est-ce que ce sont les Régions, est-ce que c’est la Belgique, est-ce que c’est l’Europe qui est compétente. Ce que je demande aujourd’hui, c’est que la Belgique donne le bon exemple et ne pousse pas la patate chaude vers l’autre côté".

Remettre la patate chaude à l'Europe

"La bonne discussion, c’est de donner un signal aujourd’hui, et nous sommes tout à fait capables de donner ce signal. D’ailleurs, aller dire que l’Europe doit décider et que les Régions ne peuvent pas s’exprimer au niveau de l’Europe, c'est une fausse excuse. Paul Magnette, quand il a essayé de bloquer le CETA, il n’y avait pas de problème pour le faire directement. Il y a là quand même un peu une sorte de géométrie variable, si on peut dire comme ça".

Et de rappeler ce que fait déjà notre pays pour venir en aide concrètement aux pays dans le besoin. "Au niveau total, nous faisons un investissement de 60 millions d’aides humanitaires. Nous le faisons déjà, on va l’augmenter. À côté de cela, il y a une action qui s’appelle 12-12 avec des ONG qui essayent de trouver des fonds. Ce qu’on a dit au niveau fédéral, c’est que quand les Belges sont solidaires et veulent donner quelque chose pour aider les gens qui sont dans un besoin énorme, nous sommes tout à fait prêts, nous allons doubler ce montant. Donc quand vous allez chercher sur 1212.be, quand vous vous montrez solidaires, vous donnez 1 euro, finalement vous allez donner 2 euros parce qu’on a décidé de doubler ce montant-là".

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