Valoriser quelques cochons avant l'abattage général

L’abattoir communal de Virton était censé être fermé ce jeudi. Mais vu l’actualité récente autour de la peste porcine africaine, décision a été prise de faire une exception, comme l’explique Etienne Chalon, échevin et responsable de l’abattoir : "On a ouvert exceptionnellement pour que les éleveurs de la région puissent quand même valoriser quelques animaux. Normalement on ouvre uniquement le lundi pour abattre les cochons mais ici, il fallait les aider, on s'est organisé".

A partir de ce samedi, 4000 porcs seront mis à mort dans un périmètre de 63 000 hectares. Une décision du ministre fédéral de l’Agriculture Denis Ducarme pour éviter la transmission de la maladie, qui touche en ce moment uniquement les sangliers, aux porcs sains des élevages. Pour les éleveurs, c’est un choc et un désastre économique. Venir aujourd’hui à l’abattoir, c’est pour eux la dernière possibilité d’écouler une petite partie de leur production.

Une région solidaire

Pierre-Edouard Pregnon est éleveur à Ruette. Il souligne la solidarité dans la région. "J'ai trouvé des gens intéressés pour récupérer de la viande d'une quinzaine de cochons. Je vais en prendre plusieurs pour moi en autoconsommation, faire sécher des jambons etc", explique-t-il. "De toute façon l'abattoir ne peut pas tout prendre et personne n'en veut en dehors de la région".

Un pragmatisme qui n’empêche pas l’émotion. André Kettel, qui produit du porc bio, a fait lui aussi le déplacement. Il est très touché par la situation. "Je resté choqué, on est les dindons de la farce" confie-t-il. "Ils n'ont pas abattu un seul sanglier et ils tuent nos cochons. Moi c'est 50% de mon chiffre d'affaire. Je vais devoir tuer 300 bêtes et je n'en valoriserai que 14. On a aucune information. Je suis particulièrement touché pour les truies reproductrices avec qui je dois développer une relation particulière". Précisons que les sangliers seront finalement également éradiqués dans la zone concernée, une décision prise ce mercredi.

Ce matin, ils étaient une dizaine d’éleveurs comme Pierre-Edouard et André à se présenter à l’abattoir, avec cinq à quinze porcs chacun. Au total, cent vingt animaux y seront abattus aujourd’hui.

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