Valérie Glatigny sur la crise du coronavirus : "Une extrême prudence pourrait conduire, quelque part, à sacrifier la jeunesse"

Que fait-on pour répondre à la détresse de la jeunesse ? Des voix s’élèvent pour que leur situation soit davantage prise en compte. Ce mardi matin l’invitée de la Matinale était Valérie Glatigny, ministre de l’Enseignement supérieur (MR), de la Jeunesse et des Sports en Fédération Wallonie-Bruxelles. Des matières au cœur des discussions en ce moment. Le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) a convoqué une réunion ce jeudi consacrée à la jeunesse et à la scolarité dans le cadre de la crise sanitaire et évaluer des scénarios et donner des perspectives pour leur permettre de reprendre certaines activités. Bernard De Vos, délégué général aux droits de l’enfant se montre très critique sur la gestion actuelle.

Sursaut politique

Peut-on parler d’un sursaut politique en ce moment pour donner de l’air aux jeunes ? Valérie Glatigny rappelle d’emblée que lors du dernier Comité de concertation il n’y a pas eu d’annonce spécifique pour les jeunes ou le sport. Or, leur quotidien a été fortement chamboulé par la crise sanitaire. Et donc : "Oui, il y a un point d’attention sur la jeunesse. Il faut à tout prix pouvoir donner des perspectives, parce que je crois qu’une extrême prudence pourrait conduire, quelque part, à sacrifier la jeunesse. Les mesures que l’on prend, pourraient avoir à terme, des conséquences beaucoup plus dramatiques que le mal qu’elles entendent combattre".

Aide à la Jeunesse

On évoque une détresse de plus en plus importante de la jeunesse, qui arrive jusqu’aux hôpitaux et les ailes psychiatriques. Comment, dans ce contexte, peut agir la ministre ? Valérie Glatigny évoque toute une série d’aides qui sont actuellement prévues comme des numéros verts, des subsides, etc. Mais pour elle : "Il est difficile de continuer à regarder dans les yeux les étudiants, par exemple, et de leur dire s’ils ont un mal-être, ils peuvent contacter un numéro vert".


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La ministre de la Jeunesse pense que la vraie mesure qui pourrait leur permettre d’aller mieux est : "Je pense que la vraie mesure pour permettre aux jeunes d’aller mieux, c’est de leur permettre d’avoir des interactions avec leurs pairs. Je pense qu’ils ont besoin de contacts, comme de pain".

Les 18-25 ans

Pour la ministre de l’Enseignement supérieur, les 18-25 ans n’ont rien pour l’instant : pas de sport, de culture, de sortie. Et de rappeler que ces jeunes suivent un enseignement à distance depuis le mois de mars (en dehors des 3 semaines de cours au début de l’année). Si l’année dernière, les étudiants avaient pu suivre une partie des cours dans les écoles et les universités.

Cette année scolaire, la crise sanitaire a démarré au début de l’année. "Je crains, en effet, qu’on ait toute une série de décrochages. C’est interpellant sur le plan de la formation et sur le plan psychologique".

Les retours de la session d’examen qui se termine en ce moment indiquent que les étudiants qui ont présenté leur examen ont réussi, mais beaucoup n’ont pas présenté leur examen. Il y a donc une crainte par rapport à ces décrochages. Tout cela devra encore être évalué, précise la ministre.


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pour l’instant le quotidien c’est dodo, ordinateur – dodo, ordinateur et ça, ça suffit

En France, afin de répondre à cette détresse, les universités vont rouvrir en présentiel un jour par semaine. En Belgique, la date du 1er mars a été annoncée. La ministre de l’Enseignement supérieur : "c’est en effet ce que nous souhaitons. C’est de pouvoir permettre une reprise progressive des cours en présentiel". L’idée sur la table est un protocole qui permettrait 20% de présence simultanée des étudiants sur le campus. Le but : donner une perspective : "parce qu’on sait que pour l’instant le quotidien c’est dodo, ordinateur – dodo, ordinateur et ça, ça suffit".

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