Valérie Glatigny : "Investir massivement dans l’aide à la jeunesse est une priorité du gouvernement"

"Les messages de ras-le-bol de la jeunesse, nous les avons entendus", déclare d’emblée Valérie Glatigny, ministre de la Jeunesse et de l’Enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles "et nous allons investir massivement dans le domaine de l’enfance et la jeunesse, nous avons lancé un plan 0-25 ans, avec un financement conséquent pour investir dans l’enfance, la jeunesse, l’aide à la jeunesse, le sport, les étudiants".

L’objectif, a-t-elle précisé au micro de Thomas Gadisseux dans Matin Première, c’est de mettre sur pied très rapidement des mesures pour la relance du secteur jeunesse, par exemple permettre aux maisons de jeunes, aux mouvements de jeunesse d’organiser plus d’activités dès que ce sera possible. "Mais renforcer aussi le secteur de l’aide à la jeunesse parce qu’il y a eu beaucoup de pression dans les familles, et il faut soutenir tant les familles que les services d’accrochage scolaire, et travailler également sur les assises de la jeunesse, un processus participatif lancé pour donner la parole aux jeunes et transformer leur ressenti en action politique".

Soutien particulier aux services qui s’occupent de la maltraitance, à la lutte contre le décrochage scolaire, nécessité de créer des places d’accueil en urgence, souligne la ministre : "Le gouvernement a choisi d’investir massivement dans le domaine de la jeunesse".

Je veux remercier les jeunes qui ne sont pas allés au Bois de la Cambre

Une jeunesse, dont Valérie Glatigny veut souligner le sens des responsabilités : "Je veux remercier les jeunes qui ne sont pas allés au Bois de la Cambre le 1er mai, qui comprennent et respectent les mesures de protection des plus vulnérables. La vaccination progresse, on voit tout doucement le bout du tunnel.

Décret paysage corrigé

Soutien également plus marqué aux étudiants, avec la "correction de certains effets pervers du décret paysage et notamment l’allongement des études. On sait que cet allongement a un impact sur les étudiants précarisés : plus c’est long, plus c’est difficile à financer […] il y a trop d’étudiants qui passent plusieurs années dans l’enseignement supérieur sans décrocher un diplôme, donc ce qu’on vise avant tout c’est donner plus de cadre au début du parcours, clarifier les conditions de la réussite pour arriver à terme à avoir un plus grand nombre d’étudiants diplômes.

Désormais, pour réussir la première année, il faudra réussir 60 crédits. "Il y a trop d’étudiants qui n’anticipent pas les difficultés lies à l’accumulation de reports de crédit d’année en année et ils se retrouvent avec un sac à dos de crédits non validés trop lourd à porter", explique la ministre. "Et ils se retrouvent ainsi dans la situation de ne plus être finançables. La porte de l’enseignement supérieur se referme alors devant eux et c’est cette situation-là que nous voulons éviter".

Détecter les lacunes

Pas question de bloquer un étudiant pour autant, mais la volonté est de détecter d’éventuelles lacunes au plus vite, et ainsi avoir accès à de l’aide à la réussite. 83 millions sont consacrés annuellement à cette aide (coaching, tutorat, examens blancs, etc.), précise encore Valérie Glatigny. "Nous allons encore renforcer cette aide puisque dans le cadre du refinancement de l’enseignement supérieur, nous avons prévu 6 millions supplémentaires, avec un focus sur les étudiants de première année. Plus de cadre au début du parcours pour se mettre plus rapidement sur une trajectoire de réussite".

Et pour pallier le risque de voir les étudiants qui réussissent déjà le mieux prendre le pas sur ceux qui en ont le plus besoin, la ministre insiste pour qu’il y ait un point d’attention particulier pour les étudiants qui n’atteignent que 30 crédits sur 60 à la fin de la première année pour qu’ils bénéficient sans tarder d’une aide spécifique, au travers de ce qui est mis en place dans leur établissement.

Formation des enseignants : une 4e année axée sur la pratique

La réforme devrait entrer en vigueur à la rentrée 2022 : 4 ans d’études pour les futurs enseignants. Avec une spécificité : le statut d’étudiant-professeur. En 4e, l’étudiant sera dans la pratique : il y aura un aller-retour constant théorie-pratique : "Le but est de permettre aux étudiants, dont on sait que 25% à ce stade abandonnent la profession au bout de leur première année de pratique, de s’arrimer dans le métier, de réussir l’entrée dans la profession. En juillet, les négociations commenceront formellement pour la rémunération : le but est d’avoir une revalorisation barémique soutenable pour la Fédération".

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