La résolution du MR "pour protéger nos traditions" rejetée: "fausses nouvelles" dénonce la majorité PS-Cdh

Dans leur rapport, les élus MR dénonçaient qu'en 2012, le sapin de la Grand-Place avait été remplacé par une structure métallique
Dans leur rapport, les élus MR dénonçaient qu'en 2012, le sapin de la Grand-Place avait été remplacé par une structure métallique - © ERIC LALMAND - BELGA

Des députés MR ont déposé une proposition de résolution au Parlement de la Communauté française afin de protéger "certaines traditions". Ils évoquent notamment dans leur argumentaire les icônes et appellations à caractère culturel et religieux comme les noms des vacances ou bien la croix sur la mitre de Saint-Nicolas.

Discutée en plénière ce jeudi, la résolution n'a finalement pas été retenue, qualifiée de "populiste" et "trompeuse".

Qui dit mois de décembre dit période de fêtes. Mais depuis plusieurs années, ces traditions annuelles seraient mises à mal par "des initiatives teintées de fausses bonnes intentions", selon quatre députés MR. C'est pourquoi ils proposent de "protéger" ces traditions qui selon eux, "sont le fondement de notre société".


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Comment ont-ils procédé ? En proposant d'insérer "certaines traditions", selon le texte, au sein du patrimoine immatériel de l'Unesco. "Il est fort regrettable de modifier des éléments clés de nos traditions pour ne pas déplaire à certaines communautés", écrivent-ils dans le texte déposé à la Communauté.

"Stigmatisation"

"Je veux aller au bout de ce texte. Pour le groupe MR, il semble évident que nous assistons depuis plusieurs années à une tendance de modifications de nos références culturelles et surtout de leur appellation", déclarait ce matin Jean-Luc Nix (MR), à l'initiative de ce texte, interrogé dans l'émission "C'est vous qui le dites" sur Vivacité.

Ce que déplore aussi l'élu c'est que ces modifications sont "parfois suivies par les administrations et l'enseignement". Il fait référence à un décret-cadre, approuvé par la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui visait à changer les appellations des congés scolaires. Des appellations qui étaient cependant déjà d'application pour la plupart... en 1999.

Jean-Luc Nix et ses confrères du MR pointaient donc du doigt l’appellation "vacances de Pâques" plutôt que "de printemps" ou "de Noël" au lieu de "d'hiver".

Dans l'introduction de leur proposition, des députés déplorent aussi la disparition de la croix sur la mitre de Saint-Nicolas, dans certaines représentations, mais aussi l'appellation "Plaisirs d'Hiver" plutôt que "Marché de Noël" pour les festivités commerciales qui se déroulent à Bruxelles durant la période des fêtes.

"L'intention c'est qu'on protège notre patrimoine culturel. Les manœuvres qui sont opérées aujourd'hui son l'objet de stigmatisations d'une certaine culture. Une tranche de la population se sent stigmatisée car on leur reproche de changer cette tradition. Est-ce que c'est pour plaire à une communauté ? Que je sache, elle n'est pas demanderesse et donc cette tranche de la population peut être stigmatisée par le fait qu'on les accuse de faire changer nos propres traditions, alors qu'ils viennent dans un pays où ils sont très bien acceptés. De grâce, qu'on garde nos traditions et notre patrimoine culturel", a martelé le député MR sur Vivacité.

Une résolution jugée "malhonnête"

La majorité PS-cdH a rejeté la proposition, qualifiée de "populiste" et "trompeuse".

Pour Maxime Prévot (cdH), il est malhonnête de faire croire que les pouvoirs publics entendent supprimer les appellations vacances de Noël ou de Pâques, ces désignations étant celles précisément reprises dans la législation en place, a-t-il rappelé. "En véhiculant ces fausses informations, vous participez à nourrir les amalgames que l'on peut voir sur les réseaux sociaux. Et vous nourrissez aussi le ressenti populaire que tout cela serait en fait lié à la présence de l'islam (en Belgique)", a-t-il fustigé.

Pour la majorité PS-cdH, il est étonnant de voir le MR défendre aujourd'hui la présence de la croix sur la mitre de Saint-Nicolas...alors que ce même parti a déposé en 2016 une proposition de loi pour interdire le port des signes convictionnels!

Au nom du PS, Patrick Prévot a dit ne pas comprendre ces "incongruités" du MR, ce même parti étant favorable à l'introduction d'un cours de philosophie et citoyenneté en remplacement des cours convictionnels dans l'enseignement officiel, a-t-il relevé. Le débat en commission a donné lieu jeudi après-midi à un échange parfois animé entre députés.

Le texte a sans surprise été repoussé par la majorité PS-cdH. Le MR a voté pour, à l'exception de Jacques Brotchi qui s'est abstenu.

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