Universités et hautes écoles basculent en code orange dès le lundi 19 octobre

La décision est actée au plus haut niveau, tant politique qu’académique : à partir du lundi 19 octobre, les six universités francophones et les hautes écoles basculent en "code orange". C’est donc un retour à la situation qui a prévalu pendant la période déconfinement : c’est le scénario du "campus sans contact".

Concrètement, dans les auditoires, un siège sur 5 est occupé, sauf pour les BAC1, plus nombreux, où c’est 1 siège sur 2. La priorité est donc accordée aux nouveaux étudiants, qui demeurent en "code jaune".

Pour le moment, il y a 25% de cours qui se font à distance. La décision prise ce jeudi inverse la situation actuelle : on se dirige vers 20% de cours en présentiel, le reste à distance. Là aussi, les BAC 1 sont préservés : 75% des cours se feront en présentiel, le quart restant à distance. Il est question d’un maintien possible de certains cours pratiques, par exemple dans les sections artistiques.

Concernant les hautes écoles, les modalités pratiques sont encore à évaluer, concernant entre autres les stages.

Le passage en code orange exige une limite stricte des mouvements de groupe au sein des établissements d’enseignement supérieur, selon la circulaire datant du mois de mai dernier. Dans les locaux, il faut 4 m2 par étudiant, 8 m2 par enseignant, avec une aération maximale des locaux.

Ces mesures pourraient être accompagnées de nouvelles, suivant les décisions du Comité de concertation prévu ce vendredi après-midi.

Activités extra-académiques interdites

Dans un courriel adressé aux corps enseignant et étudiant de l’UCL, le recteur Vincent Blondel et l’administratrice générale Alexia Autenne confirment et détaillent les mesures prises à partir du 19 octobre :

  • Pour les groupes jusqu’à 50 étudiant·e·s, y compris les laboratoires et travaux pratiques : la possibilité de maintenir l’enseignement en présentiel, moyennant, comme actuellement, le port obligatoire du masque pour les étudiant·e·s.
  • Pour les groupes de plus de 50 étudiant·e·s : la possibilité de maintenir les enseignements en présentiel à condition de n’occuper que les places marquées orange dans les auditoires (soit une place sur cinq) et moyennant le port obligatoire du masque pour les étudiant·e·s. Une souplesse de cette règle est toutefois prévue pour les cours de bac 1.

Les responsables de l’UCL évoquent également la possibilité offerte, à partir du lundi 19 octobre, de suivre, à distance, tous les cours organisés en présentiel : c’est ce que l’UCL appelle la "comodalité", "afin de permettre aux étudiantes et étudiants qui le souhaitent de les suivre à distance."

Enfin, en application du code orange, "les activités étudiantes extra-académiques seront proscrites à partir du 19 octobre. Nous sommes conscients que certaines de ces dispositions sont susceptibles d’augmenter le risque de réunions festives non autorisées. Nous en appelons à la responsabilité de toutes et tous pour nous éviter de connaître des mesures encore plus drastiques" écrivent le recteur et l’administratrice générale.

Nous sommes mieux préparés

"Nous ne sommes plus dans une gestion de crise", relève Haji Nabra, recteur de l’Université de Namur. "Riches de l’expérience de l’année passée, nous sommes mieux préparés." Malgré tout, le passage en code orange reste un coup dur. "Le contact et l’ouverture sont au cœur de notre université qui est relativement petite avec 7000-8000 étudiants. Nous allons décliner ces valeurs autrement en restant proches, même si c’est à distance."

A l’Université libre de Bruxelles (ULB), où on applaudit le sens des responsabilités des étudiants, on indique qu’il "n’y a pas d’attroupements, très peu d’interpellations et de rappels à l’ordre", explique Nicolas Dassonville, responsable communication. Les auditoires ne sont pas considérés comme des nids de contaminations. L’entrée en code orange est vue davantage comme une manière de désengorger les transports en commun, notamment. Moins de 230 cas ont été comptabilisés à l’ULB sur 32.000 étudiants.

Nos étudiants ne seront donc pas moins bien formés

A l’Université de Liège, le recteur Pierre Wolper se réjouit que les mesures permettent de maintenir les laboratoires et autres travaux pratiques. "On garde l’essentiel de nos activités, nos étudiants ne seront donc pas moins bien formés", souligne-t-il. L’université liégeoise effectue des tests massifs de ses étudiants, ce qui permet d’estimer que 3 à 4% d’entre eux sont positifs. "On détecte aussi des étudiants asymptomatiques, qui sont alors invités à se mettre en isolement."

A l’ULB, il a été décidé que tous les cours théoriques auront lieu entièrement à distance, sauf pour les BAC1. Pas de règle d’une place sur cinq dans les auditoires, donc au-dessus de la première année. Les travaux pratiques, les séminaires, les labos, eux, auront toujours lieu en présentiel. "Les BAC1 ont déjà vécu une rhéto très compliquée l’année passée, ils ont besoin de s’adapter à l’enseignement universitaire. Nous voulons donc leur permettre de continuer ce qu’ils ont connu depuis le 14 septembre : des cours théoriques en présentiel une semaine sur deux en présentiel une place sur deux et des cours pratiques en présentiel toutes les semaines, avec des contacts tant avec les professeurs qu’avec leurs collègues étudiants, ce qui est très important pour créer de la solidarité" explique Nicolas Dassonville, le porte-parole de l’ULB.

Le code orange est d’application jusqu’à nouvel ordre dans le supérieur en Belgique francophone. La situation sera évaluée en continu, mais pour les élèves, l’année scolaire ne s’annonce pas moins exceptionnelle que la précédente.

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