Une "task force" mise en place pour sauver ArcelorMittal Liège

"Nous n'acceptons pas la décision d'ArcelorMittal et nous sommes bien évidemment aux côtés des travailleurs", a d'emblée répété le Premier ministre. "Notre priorité, c'est de permettre la reprise de l'outil liégeois en cherchant des voies conduisant à un plan industriel", a-t-il ajouté au cours d'une brève conférence de presse au Lambermont.

Pour ce faire, outre la task force, le gouvernement s'engage à prendre contact avec l'Union européenne afin d'essayer de "mieux contrôler les importations d'entreprises hors Union européenne, en particulier de pays ne respectant pas les règles d'une concurrence loyale", a ajouté Elio Di Rupo.

"Le gouvernement fédéral va également se pencher sur une modification de la loi Renault qui permettrait la poursuite de l'activité le temps qu'une autre entreprise se manifeste pour reprendre l'outil", a encore indiqué le Premier ministre.

"La réunion s'est déroulée dans un climat relativement serein. Les politiques nous soutiennent dans notre combat qui est de ne pas accepter la décision de Mittal", a déclaré devant des travailleurs venus manifester à Bruxelles, Jean-Luc Rader, secrétaire régional FGTB Métal, en référence à la décision du groupe ArcelorMittal de mettre à l'arrêt sept lignes de la phase à froid liégeoise.

Syndicats satisfaits de la réaction du monde politique

Si la priorité va maintenant à la recherche d'un repreneur potentiel, "il faudra trouver des solutions pour contraindre Mittal à céder les outils", a-t-il encore souligné.

"Les gouvernements fédéral et wallon se sont engagés à explorer toutes les pistes", a pour sa part indiqué David Camerini, président de la délégation CSC. La piste d'une nationalisation n'est cependant pas sur la table actuellement.

Les syndicats ont également réaffirmé leur volonté de sauvegarder l'ensemble des activités sidérurgiques du bassin liégeois, phase liquide et phase à froid comprises. Ils ont aussi redit ne plus vouloir d'ArcelorMittal comme interlocuteur.

Une assemblée générale des travailleurs est prévue lundi à 10 heures à Liège. En attendant, les sites liégeois du groupe sont à l'arrêt.

Charles Picqué se dit solidaire de la Région wallonne

Le ministre-président bruxellois, Charles Picqué, a adressé un message à son homologue wallon, Rudy Demotte, dans lequel il se déclare "solidaire de la Région wallonne en cette époque troublée".

Dans ce courrier, Charles Picqué a tenu à apporter son soutien aux travailleurs d'ArcelorMittal et à leurs familles touchés par la fermeture de plusieurs outils de la phase à froid liégeoise, annoncée jeudi par ArcelorMittal.

Pour le ministre-président bruxellois, l'impact social, économique et humain qui résulte de cette décision "est évidemment désastreux".

"De tels drames sociaux me confirment dans la nécessité de renforcer nos liens au nom de valeurs qui dépassent nos identités régionales et nos tracasseries institutionnelles", a souligné le ministre-président bruxellois.

Pour lui, il importe de ne jamais oublier que "le véritable adversaire reste ces milieux économiques mondialisés et cyniques avec lesquels nous devons, certes, parfois composer mais dont il ne faut pas attendre beaucoup de compassion".

Le PS veut obliger la cession de l'outil dans le futur

Le PS veut rendre obligatoire la cession de l'outil en cas de fermeture d'une entreprise viable. Dans cette perspective, les sénateurs Willy Demeyer, Hassan Bousetta et Philippe Mahoux proposent de créer une procédure "Arcelor", annonce vendredi le groupe PS du Sénat.

Il s'agirait d'une procédure obligatoire d'examen des offres de reprise lors de la fermeture d'une entreprise présentant un "intérêt économique majeur".

Concrètement, un tribunal de commerce rendrait obligatoire, à certaines conditions, la cession d'un site ou d'une activité à un repreneur potentiel.

Au terme d'une procédure en six temps si l'entreprise refuse d'accepter une offre pertinente, le tribunal de commerce pourrait, sur proposition de l'autorité publique compétente, prononcer la cession du site ou de l'activité.

RTBF avec Belga

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