Une réforme de l'Etat en 2024 : les cinq nouveaux présidents des partis francophones y sont favorables

Les 5 présidents francophones se disent ouverts à une réforme de l’Etat en 2024, mais cela ne veut pas forcément dire un renforcement des compétences régionales.
Les 5 présidents francophones se disent ouverts à une réforme de l’Etat en 2024, mais cela ne veut pas forcément dire un renforcement des compétences régionales. - © Tous droits réservés

Le journal Le Soir a exceptionnellement réuni les 5 présidents des partis francophones (récemment élus), pour une longue interview et discussion commune. Paul Magnette (PS), Georges-Louis Bouchez (MR), Rajae Maouane (Ecolo), Maxime Prévot (cdH) et François De Smet (DéFI), y évoquent notamment la question d’une réforme de l’Etat. Et il en ressort que l’idée d’une réforme de l’Etat en 2024 semble communément acquise pour les 5 présidents, même si les nuances sont présentes entre les 5 partis.

Les nouveaux présidents ouverts à une réforme, alors que la N-VA veut accélérer le tempo

Ce week-end, Jan Jambon, le ministre président, plaidait pour que le Parlement flamand se mettre rapidement en ordre de marche en vue d’éventuelles négociations sur une nouvelle réforme de l’État, vu le risque d’éventuelles élections anticipées au niveau fédéral. "Les cartes semblent tout doucement s’aligner pour que nous mettions notre demande ultime de confédéralisme sur la table". En cas d’élections anticipées, " le Parlement fédéral pourrait ouvrir à révision l’article 195 de la Constitution", antichambre d’une profonde réforme de l’État. C’est pourquoi les préparatifs nécessaires au sein du Parlement flamand pourraient s’avérer plus urgents que nous ne le pensions il y a quelques mois", expliquait Jan Jambon. L’accord du gouvernement flamand (N-VA, CD & V, Open Vld) prévoit déjà que le Parlement régional se penche sur le communautaire au cours des cinq prochaines années. Ici, l’idée est donc d’accélérer le travail, en créant une commission ad hoc dans l’hémicycle flamand afin de déterminer à quoi devrait ressembler une nouvelle réforme de l’État. Ce travail formerait une base pour négocier un nouveau round institutionnel au niveau fédéral.

On sait que par confédéralisme, la N-VA entend notamment le transfert de la plupart des compétences aux entités fédérées pour ne laisser au Fédéral que quelques-unes comme la défense, la sécurité et les affaires étrangères.

Le modèle N-VA n’entre pas dans les projets de réforme évoqués par les présidents francophones.

Les 5 présidents francophones se disent ouverts à une réforme de l’Etat en 2024, mais cela ne veut pas forcément dire un renforcement des compétences régionales, cela pourrait aussi être synonyme de refédéralisation de certaines compétences qui ont été régionalisées. Tous veulent que prime la notion d’efficacité.

Georges-Louis Bouchez préfère parler de modernisation de l’Etat. "Réformer ou moderniser l’Etat ne veut pas dire que l’on va régionaliser encore plus, les régionalisations ont apporté assez peu de choses en matière d’efficacité pour les citoyens. "Quand les jeunes qui ont manifesté pour le climat voient 4 ministres, ils ne comprennent pas ce qu’il se passe", explique Rajae Maouane. "Est-ce que l’on refédéralise ? Oui, il n’y a pas de tabous". Pour Paul Magnette : "Il faut sortir de ce binaire entre la Région et le fédéral". "La réforme de l’Etat ne doit pas porter que sur la répartition des compétences, mais aussi sur l’amélioration du fonctionnement de l’Etat fédéral. Il faut, dit-il, "oser des débats pour que la Belgique devienne gouvernable avec un fractionnement politique qui ne va pas s’arranger".

"Le drame de ce pays, c’est qu’une majorité numérique a un complexe d’infériorité et se vit comme une minorité. Il ne faut pas entrer dans ces jeux de groupe identitaire contre groupe identitaire, explique Paul Magnette." Il faut être prêt pour une réforme en 2024 affirme Rajae Maouane, mais elle refuse de "la penser comme le résultat de 2 blocs qui s’affrontent". Nous devons profiter de cette nouvelle génération de présidents de parti pour "préparer aussi notre cahier de charges, non pas dans une démarche hostile vis-à-vis de quiconque, mais dans une démarche où l’on vise à rendre l’Etat efficace pour le préserver", affirme pour sa part Maxime Prévot. Pour Georges-Louis Bouchez, la "Belgique ne disparaîtra pas, parce que la négociation de son divorce serait trop compliquée, et on ne saurait pas quoi faire de la dette, sans parler de la négociation par rapport à Bruxelles". Mais "Je pense que nous avons le devoir d’avoir un projet francophone clair pour une Belgique stable""On est en train de se rejoindre sur quelque chose de fondamental", conclut François De Smet, "à savoir oui à une réforme de l’Etat mais qui doit être la première d’une nouvelle génération : ne plus être sur une base identitaire, comme l’était cette 6e réforme de l’Etat".

 

 

 

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