"Une farce, un hold-up démocratique": la FGTB critique la nouvelle coalition Michel

Au lendemain de la création du gouvernement Michel 2, les critiques sont acerbes du côté de la FGTB.  Le président du syndicat Robert Vertenueil se demande "s’il faut rire ou pleurer car on assiste à une farce".

"Les hommes politiques vont encore s’étonner qu’il y a un gouffre qui se crée entre la population et le monde politique" s'exclame Robert Vertenueil. Les mots sont durs dans la bouche du président de la FGTB. Robert Vertenueil n'apprécie pas que le gouvernement se passe de l'aval du parlement : "Ils (les politiques) vont s’étonner que les citoyens vont se demander à quoi cela sert d’aller encore voter car ceux qui sont élus ne peuvent même pas dire si oui ou non ils sont d’accord avec ce gouvernement. C’est un hold up démocratique et social". 

Pour le président de la FGTB, il est clair que le gouvernement ne va pas changer sa politique d'un iota "tout cela avec la complicité de la NVA et du monde patronal". Mais Robert Vertenueil émet des doutes quant à cette stratégie : "Je ne sais pas très bien comment le gouvernement va continuer sa ligne dans le capharnaüm qu’il a créé au niveau du fonctionnement politique du pays." Le président de la FGTB confirme donc que des actions seront bien menées le 14 décembre. 

La CGSLB et la CSC attendent des actes

Du côté du syndicat libéral, on est dans le doute. Selon le secrétaire national de la CGSLB Olivier Valentin on est dans "une incertitude constitutionnelle" et il n'est pas certain que le MR aura plus de marche de manoeuvre suite au départ de la NVA. La CGSLB se montre prudente et attend de voir les premiers actes de la nouvelle coalition Michel.

Même constat du côté de la CSC où l'on attend de voir ce qui va ressortir des votes "à la carte" au Parlement, conséquence de ce gouvernement minoritaire. Pour Marie-Hélène Ska, le syndicat "n'a pas à commenter les soubresauts du gouvernement". 

La FEB soulagée

Interrogé dans EcoMatin sur La Première l’administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique, Pieter Timmermans, se dit à la fois soulagé et inquiet de la situation politique actuelle :  " le " jobs deal ", l’énergie, le budget mobilité et autres sont à quelques mètres de l’arrivée, donc j’espère vraiment que le Parlement puisse encore voter ces réformes (…) Je suis soulagé qu’il y ait un gouvernement, mais c’est un gouvernement minoritaire, donc ça veut dire que ce sera beaucoup plus difficile qu’auparavant (…) Pour les nouveaux projets de loi ou les nouveaux projets que le nouveau gouvernement veut mettre en route, il faut aller chercher une majorité jour après jour ".

Selon Pieter Timmermans, un des dossiers importants à venir est la conclusion de l'accord interprofessionnel 2019-2020. Mais l’administrateur délégué est optimiste: " en principe on n’a pas besoin du nouveau gouvernement pour signer un accord interprofessionnel (…) Si nous parvenons à conclure un accord, nous pouvons l’entériner au travers d’une société au Conseil national du Travail, donc c’est parfaitement possible de négocier un accord interprofessionnel sans l’intervention du gouvernement "

De son côté, la FGTB critique le soutien de la FEB au gouvernement. Le syndicat dit "prendre acte de la volonté du monde patronal de débrancher la prise de la concertation sociale". 

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