Une expédition belge vers la station polaire princesse Elisabeth, sans Alain Hubert

La première équipe de l'expédition belge est partie, samedi après-midi, de l'aéroport bruxellois de Zaventem, vers la station polaire Princesse Elisabeth en Antarctique.

Au total sur ces trois mois et demi de mission, 31 personnes iront à la base polaire, parmi lesquelles neuf chercheurs scientifiques. La première équipe est composée de quatre techniciens, sept militaires et de la cheffe de mission Chiara Montanari. "C'est ma 5e expédition en Antarctique. J'étais cheffe d'expédition à la station Concordia. Là-bas, les conditions étaient vraiment extrêmes: une altitude de 4.000 mètres, une température en été de -50°c et en hiver -80°c. Maintenant, l'Antarctique c'est toujours difficile. Il y a toujours des imprévus", a-t-elle déclaré avant le départ.

La secrétaire d'Etat à la Politique scientifique Elke Sleurs a confié la logistique à la défense. C'est la 4e mission du responsable militaire en chef Philippe Herman. "J'ai participé à la construction de la base entre 2006 et 2009. Il nous faudra aujourd'hui préparer les expéditions. On a quatre guides de montagne très expérimentés. L'équipe a suivi une formation spécifique au centre d'entraînement des para-commandos, pour apprendre par exemple des techniques servant à sortir d'une crevasse", précise-t-il.

"Nous travaillerons peut-être ensemble"

"Nous étudions la fonte et la stabilité de la calotte glacière par rapport à l'océan et face au changement climatique", explique Frank Pattyn, président du Comité national belge pour la recherche antarctique. "C'est une région où il y a peu de données, hormis celles des satellites. Sur 10 ans, il y a une nette perte de glace par rapport au gain des précipitations. On comprend déjà mieux comment cette calotte se comportait par le passé. Les prédictions finales seront données en fin de recherche."

Ce projet de cinq ans se terminera dans un an, tout comme celui planifié sur deux ans pour étudier les réactions de la calotte glacière avec l'atmosphère. Des observations météorologiques, des mesures atmosphériques ou le mouvement de la croûte terrestre seront également étudiés à la station même.

La secrétaire d'Etat a précisé que le différend qui l'oppose à Alain Hubert, président de la Fondation polaire internationale, n'est pas personnel. "A l'avenir, on pourrait travailler ensemble. Le problème concerne le conflit d'intérêt. C'est aussi 3,2 millions euros de budget annuel et je crois que la population belge a le droit d'avoir une politique transparente". Elle envisage, par ailleurs, de structurer une collaboration internationale.

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