"Une couverture vaccinale entre 80 et 90% serait idéale" estime Muriel Moser, immunologue à l’ULB

Pour atteindre l’immunité collective, il faudrait atteindre un taux de vaccination contre le coronavirus de 85 à 90% de la population. C’est en tout cas ce qu’ont affirmé ce dimanche deux vaccinologues flamands Corinne Vandermeulen et Pierre Van Damme. QR l’actu fait le point sur cette question et tout ce qui entoure la campagne de vaccination avec Muriel Moser, immunologue à l’ULB et Sabine Stordeur, co-reponsable de la task force vaccination.

Taux de vaccination de 70 à 90% ?

L’objectif de départ fixé par nos autorités en termes de couverture vaccinale était de 70% de la population. Désormais pour atteindre l’immunité collective, le chiffre de 90% est évoqué. Un changement difficilement compréhensible. En fait, ce taux de couverture de vaccination dépend du taux de reproduction du virus explique Sabine Stordeur, co-reponsable de la task force vaccination. Au début de la campagne de vaccination, on évaluait le besoin de couverture vaccinale à 70%. C’est un calcul qui est effectué sur base du taux de reproduction. Maintenant, avec l’apparition des variants, ce taux de reproduction du virus à tendance à augmenter. Il faudra donc augmenter le taux de vaccination pour obtenir une protection suffisante". Muriel Moser, immunologue à l’ULB ajoute que le but c’est de vacciner le plus de personnes possibles. "Nous savons que le variant anglais représente 88% des infections en Belgique et nous savons qu’il est plus contagieux. Une couverture vaccinale entre 80 et 90% serait idéale". Mais attention, ça ne signifie pas non plus qu’en dessous de ce chiffre, rien ne sera possible précise l’immunologue. "Ça ne sera pas du tout ou rien. Il faudra simplement rester encore prudent. On sait par exemple pour la rougeole que dès qu’il y a une diminution de la couverture vaccinale, la rougeole réapparaît de manière plus significative. Mais bien entendu, tout ceci est progressif et nous pouvons tabler très certainement sur une nette amélioration de la vie".

Quid de la contagion ?

Le but premier du vaccin est évidemment de protéger sa santé mais qu’en est-il de la contagion ? Si on peut toujours être porteur et transmettre le virus, est-ce réellement utile ? Sabine Stordeur affirme qu’outre le fait de se protéger, la transmission du virus diminue : "Avec les données de pays où la vaccination est très élevée comme en Israël, aux États-Unis ou en Angleterre, on se rend à présent compte de l’effet extrêmement positif du vaccin sur la transmission du virus". Et Muriel Moser insiste sur le fait que les vaccins sont actuellement efficaces contre tous les types de variant.

Vacciner dès 12 ans ?

Faudra-t-il vacciner les enfants dès 12 ans. On sait actuellement que le conseil supérieur de la santé recommande la vaccination pour les 16-17 ans mais les autorités n’ont pas encore tranché la question. Et qu’en sera-t-il pour les ados dès 12 ans ? L’Europe vient en tout cas d’approuver le vaccin pour les 12-15 ans. Pour Muriel Moser, la vaccination des ados peut s’avérer utile. "On pense à élargir notre stratégie de vaccination pour les ados tout d’abord pour les protéger. Même s’il risque moins de complications, on sait tout de même qu’il y a le syndrome inflammatoire qui peut se déclarer dans des cas assez rares et puis il y a également le "long covid". Il faut donc d’une part protéger les plus jeunes mais également les faire participer à cette immunité collective que nous cherchons à atteindre". Muriel Moser ajoute enfin que l’étude clinique de phase trois sur près de 2000 enfants a démontré un taux d’efficacité du vaccin Pfizer de 100% sur les plus jeunes.

Des firmes pharmaceutiques, pas responsables ?

Qu’en est-il en cas d’effet secondaire ? Est-ce que les firmes seront tenues comme responsables ? Muriel Moser explique que les firmes pharmaceutiques contrairement à ce qu’une partie de la population pense, sont en fait en partie responsable. " Les firmes pharmaceutiques sont responsables pour tout ce qui a été noté durant l’étude clinique de phase trois et pour tout ce qui a trait à la fabrication du vaccin. En fait, comme les États ont demandé d’aller le plus vite possible et de pouvoir vacciner la population dès que possible, tout ce qui serait éventuellement constaté en dehors de cette étude clinique de phase trois, sera pris en charge par les États. Il n’y a donc pas un refus de prendre ses responsabilités mais plutôt un partage des responsabilités".

 

 

 

 

 

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