Une commission exceptionnelle pour discuter des mesures anti-terroristes

Une commission exceptionnelle au Parlement pour discuter des mesures anti-terroristes
Une commission exceptionnelle au Parlement pour discuter des mesures anti-terroristes - © THIERRY ROGE - BELGA

A côté de l'action de la justice, il y a la riposte politique à la menace terroriste. Fin de semaine dernière, le gouvernement fédéral avait adopté une série de mesures, telle que faire l'appel à l'armée pour sécuriser certains endroits. L'ensemble de ces mesures sont débattues depuis ce mercredi après-midi au Parlement, au sein d'une triple commission Intérieur, Justice et Défense. Des débats qui ont montré les différences de perceptions entre les partis.

Une salle de commission à la Chambre comble: trois commissions sont réunies ce mercredi. Il s'agit de la commission Justice, de la commission Interieur, et de la commission Défense.

Le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) et celui de la Justice Koen Geens (CD&V) ont rappelé les 12 mesures prises par le gouvernement vendredi dernier; notamment, élargissement de la déchéance possible de nationalité. "Nous ne pouvons pas retirer la nationalité aux Belges qu possèdent seulement la nationalité belge, parce qu'il est interdit de retirer la nationalité à quelqu'un qui, en conséquence de ce retrait, deviendrait apatride", a précisé à ce propos Koen Geens..

De son côté, Jan Jambon s'est voulu rassurant, et le contraire eut été étonnant. "Pour l'instant, il n'y a pas d'éléments qui indiquent une menace concrète d'attentats", a-t-il expliqué. "Mais le niveau 3, qui est décrété jusqu'au 26 janvier, implique que nos services de sécurité au sens large sont en état d'alerte. Soyons clairs: le risque zéro n'existe plus. Nous ne pouvons pas nous tenir derrière chaque porte. Par contre, nous pouvons prendre toutes les mesures préventives nécessaires", a-t-il également plaidé.

Le ministre de l'Intérieur a également précisé que, d'ici au contrôle budgétaire de mars, le gouvernement allait lister le coût des mesures prises. Les partis avaient droit chacun à 30 minutes maximum lors des débats.

Les clivages politiques à propos de la lutte contre le radicalisme et le terrorisme n'ont manifestement pas disparu, ressort-il de la longue séance des commissions réunies.

L'opposition attend

L'opposition attend de voir les textes qui seront déposés au Parlement. Des divergences se sont néanmoins exprimées à propos de certains projets. Les socialistes francophones ne voient pas d'un bon œil la possibilité de retrait de la nationalité belge à un ressortissant qui a la double nationalité. Ils ont dénoncé l'"institutionnalisation de la stigmatisation" qui se cachait derrière la mesure. "Cela n'empêchera pas des djihadistes de commettre leurs crimes", a lancé Laurette Onkelinx.

L'appel à l'unité laisse Ecolo sceptique. "Nous déplorons que le débat n'ait pas vraiment lieu parce qu'on nous demande aujourd'hui rien d'autre que de soutenir l'accord de majorité", a regretté Zakia Khattabi.

Le cdH s'est dit prêt à s'inscrire dans l'appel lancé par le premier ministre mais il lance lui aussi un appel. Il a déposé trois propositions de loi pour lutter contre le terrorisme et le radicalisme et propose qu'elles servent de base au travail parlementaire, a rappelé Vanessa Matz. "Nos propositions sont sur la table, prenons-les, étudions-les plutôt que d'attendre la mi-février".

Des nuances dans la majorité

Dans la majorité, des nuances se sont exprimées. La N-VA s'est concentrée sur le droit des démocraties occidentales à se défendre et a salué les mesures gouvernementales de sécurité. Le CD&V a insisté sur l'importance de la prévention et réclamé une concertation avec les Communautés. Il a aussi répété que le recours à l'armée était justifié par des circonstances exceptionnelles, et donc temporaire. "Notre parti ne veut ni un État policier, ni un État militaire", a déclaré Servais Verherstraeten.

Patrick Dewael (Open Vld) s'est également montré tranchant. La faculté laissée au nouveau Conseil national de sécurité (dans lequel siègent le comité ministériel restreint, les ministres de la Justice et de l'Intérieur) de relever le niveau de sécurité dans des circonstances exceptionnelles suscite ses réserves. "L'analyse de la menace n'est pas une affaire politique", a fait remarquer l'ancien ministre de l'Intérieur.

RTBF, avec Belga

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