Une clause secrète entre la Belgique et l'Otan plane-t-elle sur le choix des F35?

Des F-35 américains sur la base de Hill dans l'Utah.
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Des F-35 américains sur la base de Hill dans l'Utah. - © GEORGE FREY - AFP

La saga du remplacement des vieux chasseurs F16 belges est en principe terminée. En octobre dernier, après de nombreuses vicissitudes, le gouvernement fédéral a fini par trancher : 34 F35 du même avionneur américain Lockheed Martin succéderont aux F16.  

Un choix qui reste en travers de la gorge de nombreux observateurs, au point que certains continuent à investiguer sur ce qui a conduit à ce choix si décrié. Pour mémoire, de nombreux avionneurs étaient sur les rangs pour succéder aux F16, le Thyphoon du consortium européen Eurofighter, le Rafale du français Dassault ou encore - bien entendu -  le F35 américain.

Offre biaisée

Critique de la première heure sur la procédure mise en place par la Belgique pour procéder à l'achat de nouveaux avions de chasse, le futur ex-député Ecolo (bientôt échevin à Bruxelles-Ville), Benoit Hellings, lache une dernière salve sur ce contrat controversé. Il dégaine un document déclassifié de l'Otan qui tend à montrer que depuis le début tout a été mis en place pour favoriser le candidat F35, autrement dit que l'appel d'offre a été biaisé.

"On nous a toujours promis une procédure ouverte et transparente, mais il apparaît aujourd'hui que ce n'était ni ouvert, ni transparent", explique Benoît Hellings. "Puisque une partie du marché des F16 a été basée sur des informations contenues dans un document secret de l'Otan qui m'est parvenu grâce à un vent favorable", (cf. ci-dessous).

Le F35, ce grand furtif

Le point de départ de ces suspicions ? Un engagement pris par la Belgique avec l'Otan en 2013 à détruire des batteries de missiles ennemies. Et cette capacité à pouvoir entrer en premier sur le territoire ennemi, selon Benoît Hellings, serait l'apanage du seul F35. "La Belgique s'est engagée sur le marché du remplacement des F16 en se basant sur des capacités fixées par l'Otan, à savoir être furtif, des capacités qui n'étaient connues que par les ministres de l'Otan".

"La furtivité", explique encore le député Ecolo, "recouvre 4 paramètre essentiels : la forme de l'avion, les matériaux de l'avion,  la capacité de mettre des bombes à l'intérieur de l'avion - et non pas l'extérieur comme la plupart -  et c'est aussi une capacité technique, logicielle de pouvoir détecter les défenses aériennes ennemies. Le seul qui offre ces quatre capacités de la furtivité et bien c'est le F35".

Le poids du furtif

Or, dans le cahier des charges de l'appel d'offre belge, la furtivité comptait pour 21% des points qui servaient à départager le F35 de l'Eurofighter, son (dernier) concurrent. "Sur le critère de la furtivité, le F35 s'est donc avéré 3 fois plus performant puisqu'il est le seul à avoir les 4 dimensions de la furtivité, les autres concurrents du F35 n'ont que des éléments de furtivité mais pas l'entièreté", conclut Benoît Hellings.

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