Une charte pour lutter contre le dumping social dans la construction à Namur

Image d'illustration.
Image d'illustration. - © JAMES ARTHUR GEKIERE - BELGA

Une charte contre le dumping social et la concurrence déloyale dans le secteur de la construction à Namur a été présentée vendredi par l'Union des villes et des communes de Wallonie (UVCW), l'échevin du développement économique et des voiries, Luc Gennart (MR), et le conseiller socialiste Antoine Piret.

C'est la première fois depuis les élections de 2012 que majorité et opposition font une conférence de presse commune, a fait remarquer ce dernier.

Cela fait plus d'un an qu'ils travaillent sur cette problématique. Un groupe de travail a été constitué sur proposition de Antoine Piret.

Ce qui a donné lieu à l'élaboration de deux documents: une charte en sept points contre le dumping social ainsi qu'un document détaillé reprenant les clauses à insérer dans les cahiers spéciaux des charges pour les marchés publics de la Ville et du CPAS. Ils seront tous deux soumis au conseil communal du 20 octobre. Ces clauses seront insérées dès le 1er janvier 2017 dans les cahiers spéciaux des charges pour les marchés publics de Namur.

400€ par jour, par travailleur

Les sept points de la charte imposent notamment des conditions décentes pour les travailleurs, le respect du temps de travail, des obligations concernant la sécurité et le bien-être au travail, un salaire minimum, etc. La Ville de Namur s'engage entre autres à accorder une attention particulière au respect des critères environnementaux, sociaux et éthiques quand elle attribuera un marché public, à exclure toute offre anormalement basse, ou encore à avoir une bonne collaboration avec la police en vue d'échanges d'informations concernant le dumping social. Des agents communaux veilleront d'ailleurs à repérer le dumping social. Tout contrevenant s'expose à une amende de 400 euros par infraction, par jour et par travailleur.

Reprenant des chiffres de la Confédération construction wallonne, Antoine Piret signale que huit entreprises sur dix ont perdu un marché public au profit d'une entreprise étrangère en 2016 et que 17 000 emplois ont été perdus en trois ans dans le secteur de la construction en raison du dumping social. La Ville de Namur souhaite ainsi donner un signal fort.

Au niveau régional, les ministres Paul Furlan et Christophe Lacroix (PS) ont créé un groupe de travail chargé d'évaluer sur le terrain la mise en œuvre des outils de lutte contre le dumping social qui ont déjà été élaborés. L'UVCW a désigné deux communes pour participer à ces travaux qui sont donc Namur et Charleroi.

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