Une centaine d'ONG exigent de stopper la construction d'un centre fermé pour familles

Plus de cent associations dont la Plate-forme Mineurs en exil, Unicef Belgique, Vluchtelingenwerk Vlaanderen, le Ciré, Caritas International et JRS Belgium, appelent le gouvernement fédéral à cesser la construction du nouveau centre fermé pour familles avec enfants qui sera implanté à proximité du centre 127bis, près de l'aéroport de Bruxelles. L'ouverture de ce centre, dont les travaux auraient commencé la semaine dernière, est prévue pour début 2018.

Il y a quelques mois, la Plate-forme Mineurs en exil, Unicef Belgique, Vluchtelingenwerk Vlaanderen, le Ciré, Caritas International et JRS Belgium avaient déjà tiré la sonnette d'alarme par rapport à ce projet, en lançant la campagne "On n'enferme pas un enfant. Point."

"La place d'un enfant n'est jamais en centré fermé. Selon la Convention internationale relative aux droits de l'enfant, que notre pays a ratifiée, mais également selon la Constitution belge, il faut toujours prendre en compte l'intérêt supérieur de l'enfant dans toutes les décisions qui le concernent. La détention d'enfants n'est jamais dans leur intérêt. L'impact néfaste de la détention sur la santé, le développement et le bien-être des enfants a été démontré à plusieurs reprises, même dans le cas où la détention est de très courte durée et se passe dans des conditions relativement humaines", rappelle Tine Vermeiren, coordinatrice de la Plate-forme Mineurs en exil.

"Le gouvernement a entamé la construction un nouveau centre fermé spécialement pour détenir des familles avec enfants. Il s'agirait de cinq habitations séparées, appelées des "unités familiales fermées". Trois d'entre elles accueilleraient jusque six personnes, et deux jusque huit personnes. Le but du nouveau centre fermé est, selon Théo Francken (le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, NDLR), de dissuader les familles qui risqueraient de s'échapper des maisons de retour. Nous ignorons pour l'heure la durée maximale d'enfermement mais même un jour de détention est un jour de trop, car on n'enferme pas un enfant", insistent la Plate-forme Mineurs en exil et Unicef sur le site "On n'enferme pas un enfant. Point".

La Belgique condamnée trois fois pour avoir enfermé des enfants

Entre 2004 et 2008, plus de 2000 enfants ont été détenus avec leurs parents dans des centres fermés en Belgique. Ces détentions ont mené à trois condamnations de la Belgique par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), pour l'enfermement de mineurs dans des circonstances inadaptées.

Après ces condamnations et des critiques continuelles, la Belgique a cessé cette pratique mais la possibilité de détenir des enfants en famille a toutefois été inscrite dans une loi du 16 novembre 2011, qui précise que le centre fermé doit être adapté aux besoins des familles avec enfants.

Le Conseil de l'Europe et le centre fédéral Myria, notamment, ont déjà demandé à M. Francken de renoncer à ce projet.

La Plate-forme Mineurs en exil et Unicef Belgique estiment qu'au niveau européen, la Belgique a joué un rôle pionner concernant les alternatives à la détention avec la création, en 2008, des "maisons de retour", soit des unités d'habitations ouvertes où peuvent être détenues des familles avec enfants mineurs. Les deux organisations préconisent principalement ces structures comme alternatives car elles permettent aux enfants de continuer leur scolarité, tandis que les adultes peuvent quitter l'habitation pour faire des courses, consulter un avocat ou encore aller chez le médecin. Un membre de la famille adulte doit toutefois toujours rester présent dans la maison afin d'éviter les disparitions.

La Plate-forme Mineurs en exil et Unicef Belgique précisent qu'en 2017, la détention en centre fermé coutait 192 euros par personne par jour tandis que la détention en maison de retour coute environ la moitié.

L'accompagnement à domicile par le Sefor, un bureau d'accompagnement au départ volontaire mis en place auprès de l'Office des Etrangers, est également une alternative à la détention. Sous certaines conditions, les familles avec enfants mineurs ont effet la possibilité de rester dans leur propre habitation afin d'y préparer leur retour tout en étant accompagnées.

Enfin, la loi belge prévoit également des mesures préventives dont l'obligation d'effectuer son signalement à la commune ou à l'Office des Etrangers, pour empêcher les disparitions de personnes en séjour illégal en Belgique et qui ont reçu l'ordre de quitter le territoire.

 

 

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