Une "Boum 2" annoncée au Bois de la Cambre, les organisateurs invitent la ministre de l'Intérieur à l'encadrer

Une "Boum 2" annoncée au Bois de la Cambre, les organisateurs invite la ministre de l'Intérieur à l'encadrer
Une "Boum 2" annoncée au Bois de la Cambre, les organisateurs invite la ministre de l'Intérieur à l'encadrer - © DANIEL TECHY - BELGA

On est bien loin du canular du 1er avril, c’est une organisation digne d’une boîte de "com" à l’agenda serré qui est à la manœuvre au Bois de la Cambre.

Sur le site Facebook de "l’Abîme", les liens directs entre les deux événements du 1er avril (la "Boum") et le rassemblement du 2 avril sont perceptibles. Voici ce qu’on peut lire d’ailleurs sur le site à propos du "canular" du 1er avril : "What a fucking day ! On aura prouvé qu’on n’a pas besoin d’un line up de feu ou d’un méga sound system pour faire la fête ! On a juste besoin d’être tous ensemble, tous réunis. C’est sans doute pour cela qu’ils ne veulent pas qu’on se rassemble. L’union fait la force et la fête fait l’amorce ! Telle est notre devise".

On peut également sur la même page Facebook découvrir un lien permettant de regarder une vidéo de dix minutes qui montre l’essentiel des incidents qui ont eu lieu le 1er avril sans qu’aucun commentaire des administrateurs du site ne soit présent pour mettre une quelconque distance avec les incidents observés

Utiliser les méthodes "virales" des organisateurs d’événements

C’est aussi lors de cette journée du 1er avril que l'équipe "l’Abîme" a distribué près de 1500  "QR" code destinés à fidéliser les jeunes présents afin de leur adresser de nouvelles invitations à "faire la fête" dans des lieux publics dont les adresses ne seront communiquées qu'au dernier moment  à ceux possédant ce QR code. Une fois de plus, une organisation très professionnelle apparaît derrière l'organisation de ces différents événements.

Séduire les adolescents par un langage transgressif et ludique

Les instructions données laissent planer peu de doutes sur les intentions des organisateurs : "Nous avons distribué ce 1er avril plus de 1500 QR code au bois de la Cambre, et cela en pleine charge des chiens, chevaux et autopompes. Ce qui nous donne une certaine confiance quant aux personnes qui l’ont reçu. Ce QR code donne accès à une page secrète et invisible pour tous ceux qui n’ont pas ce code".


►►► A lire aussi: Qui se cache derrière le collectif "L'abîme", organisateur des rassemblements au Bois de La Cambre ?


Le style joue de la complicité et du désir des adolescents de s'identifier à un groupe qui transgresse les règles, au travers d'un univers d’initiés : "On communiquera uniquement sur cette page secrète pour annoncer les dates et lieux des prochaines fêtes qui se feront toujours dans des lieux publics et dans le but de réclamer notre droit légitime de nous réunir. […] Au pire, on communiquera publiquement sur notre site et page Facebook le lieu de la fête une heure après le lancement de celle-ci. L’idée c’est d’être assez nombreux avant que la police arrive sur les lieux de la fête. Bonne chasse au QR code". Une fois encore, difficile de ne pas voir les mains expertes d'organisateurs de "rave-party" et autres codes propres aux "events" dans les grandes Villes. 

Favoriser des rassemblements festifs avec des règles sanitaires

En adressant une réponse à la récente lettre de la ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden aux jeunes, l’équipe de "L’abîme" abat sa principale carte : tenter de faire bouger les lignes en autorisant des rassemblements festifs en plein air. Et de joindre l’acte à la parole en lançant une nouvelle invitation à un rassemblement au Bois de la Cambre le 1er mai prochain, une "boum 2" dont la terminologie ne manquera pas de parler aussi à la génération des parents.

Dans ce cadre, la ministre de l’Intérieur est mise au défi de cautionner le rassemblement en prenant la responsabilité d’en déterminer "si elle le juge nécessaire" le cadre sanitaire : "Votre mission, si vous l’acceptez madame la ministre puisque vous nous avez proposé votre aide, est de nous accorder l’autorisation officielle ainsi qu’une date pour l’organisation d’une BOUM 2 dans le bois de la Cambre et, si vous le jugez nécessaire, de nous proposer des règles sanitaires qui prendraient en considération les avis de spécialistes dont certains estiment que le risque de ce genre d’événement est minime et pourtant tellement vital à notre jeunesse". La date avancée, le 1er mai, résonnera aussi aux oreilles des partis et organisations sociales qui ont pris l'habitude de se rassembler à cette date...

Plutôt des terrasses et salles ouvertes que des rassemblements sauvages  

Carl De Moncharline, l’une des figures incontournables du monde de la nuit bruxelloise est l’un des observateurs attentifs de ce qui se passe sur le terrain. Pour lui "le politique" n’a pas pris la mesure de la situation. Très critique à l’égard de ceux qui ont géré la crise jusqu’ici, il juge le changement inévitable si l’on veut éviter la multiplication des dérapages.

Et de pousser ses solutions : "Il est bien plus intelligent de travailler avec des établissements 'sentinelle' qui peuvent être 'contrôlés', dans lesquels il peut y avoir des protocoles sanitaires, dans lesquels il y a de la gestion, que d’avoir des gens qui s’agglutinent dans les parcs sans geste barrière, sans masque, sans distanciation même si l’on sait que le virus est moins contaminateur en extérieur qu’en intérieur".

Et d’insister également sur les solutions techniques de type UVC pour les salles : "Elles permettent comme en Espagne ou en France de diminuer la charge virale en tuant les "pathogènes" dans l’air et sur les surfaces, ce qui réduit considérablement les risques de contamination". Combinée avec le respect des six règles d'or des protocoles sanitaires, il est possible estime Carl De Moncharline de dégager des solutions articulées sur les professionnels du monde de la nuit et de l'Horeca. 

 

Incidents au Bois de la Cambre: JT 02/04/2021

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