Une attestation d'aptitude pour les jeunes du technique et du professionnel?

Une attestation d'attitude pour les jeunes du technique et du professionnel?
Une attestation d'attitude pour les jeunes du technique et du professionnel? - © Tous droits réservés

Le débat d'A votre avis de ce dimanche s'est porté sur le comportement des élèves wallons, à l'école mais aussi lors des formations en entreprise. Manque motivation, de respect du matériel et des autres, ponctualité défaillante, les critiques sont nombreuses et elles émanent de plus en plus des entreprises qui hésitent souvent à engager des jeunes.

Un noyau dur qui peine à s'intégrer

Laurent Henquet, député wallon MR, souhaite mettre en place une attestation de bon comportement pour les élèves issus de l’enseignement technique et du professionnel. En Flandre c’est déjà le cas, les élèves de l’enseignement qualifiant se voient délivrer un " Soda-Attest " : un certificat pour attester de leur ponctualité, de leur politesse…

Selon le député wallon de nombreux responsables d'entreprises accordent plus d'importance à ces compétences comportementales qu'aux techniques de travail en elles-mêmes.

Jean De Lame, directeur du département emploi et formation à l'union wallonne des entreprises ne va pas jusque là mais reconnaît qu'il y a un noyau dur de 20% des jeunes qui ont du mal à s'intégrer dans le monde des entreprises, notamment pour des raisons comportementales, et que les raisons de cette non-intégration sont multiples.

Le savoir être est évidemment un plus mais pour la ministre de l'enseignement obligatoire, il y a un risque d'effet pervers. En clair, il ne faudrait pas selon Marie-Martine Schyns que cette attestation soit "le sésame" pour travailler en entreprises car le comportement du jeune peut changer.

Discrimatoire?

Si l'attestation est uniquement appliquée aux jeunes du technique et du professionnel, est-ce que ce n'est pas discriminant?  Non déclare Laurent Henquet, député wallon et initiateur de ce projet. Si on n'applique cette évaluation d'abord aux jeunes du "qualifiant", c'est justement parce qu'ils sont plus rapidement en contact avec le monde professionnel et aussi parce qu'ils travaillent avec du matériel coûteux et qui peut être dangereux.

Barbarara Trachte, députée à la Fédération Wallonie-Bruxelles, ne comprend pas l'utilité d'un tel "label". Les élèves, peu importe la filière ,sont déjà évalués. Dans le qualifiant, on tient bien entendu compte d'une bonne utilisation du matériel et de l'aptitude à intégrer le monde du travail. Cette vision du dossier est confirmée par Abderrahman El Bekali, directeur de l'école hôtellerie de Liège. Pour ce directeur, ce certificat ne sert à rien, il serait même un double emploi par rapport au certificat déjà existant qui évalue déjà toutes ces compétences de savoir être.

Alors est-ce inutile ce certificat? Pas forcément. La ministre de l'enseignement obligatoire a en tout cas demandé une analyse de la question par la fondation de l'enseignement.

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