Une alliance entre le PS et la N-VA au fédéral ? Elio Di Rupo entrouvre la porte

Monter avec ou sans la N-VA au gouvernement fédéral ? C’était la question posée ce jeudi matin à Elio Di Rupo sur les ondes de La Première. Après avoir laissé entendre qu’il ne fermait pas la porte à une alliance avec les nationalistes flamands, le président du PS a fait machine arrière sur Twitter. "Que ce soit clair : le PS ne souhaite pas gouverner avec la N-VA", a-t-il écrit sur le réseau social une heure après la diffusion de son interview dans Matin Première.

La situation est "pour le moment très complexe" avait déclaré Elio Di Rupo plus tôt dans la matinée. "On voit bien qu’il y a eu des poussées très fortes des extrêmes, que ce soit dans le sud et dans le nord du pays." Conséquence : "Aujourd’hui il y a une dispersion des voix exprimées par les citoyens."

Concrètement, si la N-VA abandonne ses revendications institutionnelles, pourrait-on envisager une alliance entre les deux partis ? "Ça peut être un autre univers. Mais dans l’état actuel je crois vraiment que nos citoyens demandent des solutions concrètes pour leur vie de tous les jours : le pouvoir d’achat, avoir des revenus supplémentaires, une protection en matière de soins de santé… Ils ne demandent pas du tout d’aller s’aventurer à nouveau dans une réforme institutionnelle. Il faut tout faire pour l’éviter."

"Je ne suis pas en train de lancer des exclusives"

En d’autres termes : "Je ne suis pas en train de lancer des exclusives", reconnaissait Elio Di Rupo face à notre journaliste Thomas Gadisseux. Il n’empêche, "il faut attendre que les informateurs puissent y voir clair. Nous sommes à la disposition des informateurs, mais pas à n’importe quel prix". Le chef de file des socialistes l’affirmait alors : "Nous essayons de faire en sorte qu’on puisse construire un gouvernement fédéral qui puisse gouverner sans avoir à traiter de questions institutionnelles".

Une attitude qui tranchait avec celle tenue lors de la campagne électorale. Comme on peut l’entendre dans la vidéo ci-dessous, qui date du 20 mai dernier, Elio Di Rupo était catégorique : "Ce que nous disons avec clarté c’est que c’est soit la N-VA sans le PS, soit le PS sans la N-VA". Du côté de la N-VA, avant les élections, on était moins catégorique… ou presque. "Si le PS veut laisser tomber beaucoup de ses revendications, on peut toujours parler", avait déclaré à la RTBF Jan Jambon (N-VA), le 23 avril dernier.

Contacté par la RTBF, la porte-parole de la N-VA apporte cette précision : "Notre point de vue n’a pas changé. Avec le PS, il n’est possible de parler que d’une chose : c’est du confédéralisme".

Elio Di Rupo dans le "Duel" le 20 mai sur La Première : "C’est soit la N-VA sans le PS, soit le PS sans la N-VA."

"Le 'Hedebouw show', ça suffit"

Quant au niveau régional, Elio Di Rupo tire à boulets rouges sur Raoul Hedebouw, le porte-parole francophone du PTB. "Le 'Hedebouw show', ça suffit, ça ne fait plus rire personne. Nous avons attendu 5h30 pour pouvoir les recevoir. Une fois qu’il était 19h30 quand il a appris que la RTBF était en direct, il a tout arrêté. Il a dit : 'Je n’ai pas de confiance en vous'. Il s’est précipité devant les caméras pour faire son show."

Elio Di Rupo qualifie l’attitude de Raoul Hedebouw d'"irrespectueuse et intolérable. On se croirait à l’époque de Staline". Au PS, on voit plutôt l’avenir wallon en vert. "Nous avons reçu de la part du mouvement Ecolo 20 propositions que nous sommes en train d’examiner. Ce sont les seuls qui sont venus avec des propositions concrètes. Nous sommes en train de les examiner."

Reste alors à trouver un troisième partenaire pour la Wallonie et pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Je ne ferme la porte à aucun parti démocratique", confirme Elio Di Rupo. Il critique au passage le MR qui "ne s’est pas rendu compte à quel point il a porté atteinte à l’équilibre social, à quel point il a dégradé la qualité de vie des citoyens". Selon lui, il y a une "très grande rancœur à l’égard du MR".


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