Une agence de notation pour mesurer le "vivre ensemble"

Les administrateurs de la fondation veulent notamment créer une agence de notation du "vivre ensemble".
Les administrateurs de la fondation veulent notamment créer une agence de notation du "vivre ensemble". - © ERIC LALMAND - BELGA

C'est l'un des projets que lance aujourd'hui la fondation "Ceci n'est pas une crise". Une vingtaine de personnalités belges sont à l'origine de cette fondation. L'objectif est de mieux appréhender les mutations de notre société pour lutter contre le repli identitaire.

Les membres de cette fondation viennent d'horizons très variés. On y retrouve Louis Michel, Philippe Maystadt, Philippe Busquin, Jean-Pascal Labille, Eric Domb, Bruno Colmant, ou encore Pierre Kroll. Tous sont persuadés que les turbulences que nous traversons actuellement ne sont pas une simple crise. Selon les administrateurs de la fondation, il s'agirait des prémisses de changements de société profonds. "Ce que nos pays connaissent actuellement, n'est pas un dysfonctionnement temporaire d'un système qui va revenir à l'équilibre antérieur", explique le Ministre d'Etat Philippe Maystadt. "Nous pensons qu'il s'agit de véritables mutations, sans doute aussi fondamentales que lorsque nous sommes passés du monde agraire au monde industriel." 

Le lancement de cette fondation n'est pas une réaction aux récents attentats de Paris ou de Copenhague. Le projet est en gestation depuis plus d'un an. Mais ces attentats renforcent les membres de la fondation dans leur conviction. "Les événements récents, les débats qu'ils ont engendré, confirment plus que jamais la nécessité d'une réflexion collective qui dépasse les clivages philosophiques ou politiques traditionnels".

Les changements profonds de notre société seraient trop souvent mal compris, entrainant une perte de repères. "On ne sait pas très bien vers où on va et ça peut faire peur", résume le dessinateur Pierre Kroll.

"Ceci n'est pas une crise" a donc l'intention d'initier une réflexion à long terme sur les solutions à apporter à ce changement de paradigme dans l'espoir d'endiguer les peurs et leur corollaire: la tentation des populismes identitaires.

Concrètement la fondation organisera des conférences, des débats. Mais elle initiera également des publications en collaboration avec des universités, et des enquêtes sociologiques. La fondation veut enfin créer une "agence de notation du vivre ensemble", une sorte de baromètre international mesurant les risques de repli identitaire afin de comparer l'évolution des pays européens en la matière. 

Baptiste Hupin

 

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