Une 40aine d'associations wallonnes flinguent les chasseurs

Selon ces associations, la surpopulation de sangliers démontre que certains chasseurs ne régulent la faune sauvage qu'en fonction de leurs propres intérêts
Selon ces associations, la surpopulation de sangliers démontre que certains chasseurs ne régulent la faune sauvage qu'en fonction de leurs propres intérêts - © FREDERICK FLORIN - AFP

A l’approche des élections, chaque famille d'intérêt veut se faire entendre. C’est notamment le cas des Scouts, du WWF, de Natagora, des Sentiers de Grande Randonnée ou de la Fédération Francophone de Cyclotourisme... tous unis pour une cause: avec une quarantaine d’associations regroupées sous la bannière d’Inter-Environnement Wallonie, ils se mobilisent contre ce qu’ils appellent les dérives de la chasse.

Mal nécessaire
Ces asbl et autres groupements considèrent généralement la chasse comme un mal nécessaire à condition que les chasseurs s’imposent des règles éthiques. Leur définition de la correction tient en quelques phrases. Emmanuel Verheggehen de la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux, les résume ainsi : « une chasse qui n’élève pas du gibier, qui ne détériore pas la forêt, qui respecte la biodiversité et le promeneur. »

Loin du compte ?
Or, assurent ces associations, pour certains chasseurs, biodiversité, éthique, respect des autres utilisateurs de la forêt passent au troisième plan. On a bien tenté un dialogue avec eux, certifie Harry Mardulyn de Natagora, mais désormais c’est impossible. « Ils ne voient, dit-il, que leur intérêt personnel de chasseurs. » Et souvent, selon lui, ils s’approprient la forêt comme si elle était leur patrimoine personnel.

Régulateurs de biodiversité
Donc cette coalition passe à la vitesse supérieure. Elle interpelle le politique. Selon ces personnes, on ne peut plus concéder aux seuls chasseurs la gestion de la faune et la flore sauvages parce qu’ils les régulent à leur seul bénéfice. Philippe Corbeel qui conçoit des itinéraires balisés estime que « Le chasseur est un piètre régulateur puisque le gibier qu’il devrait limiter a triplé en 10 ans. »

La main au politique
Surabondance délibérée de grand gibier, souffrances infligées aux animaux, écosystème appauvri, appropriation de l’espace public aux dépens des autres utilisateurs… les doléances sont nombreuses. En réaction, ces associations lancent une campagne « stop aux dérives de la chasse » avec laquelle elles espèrent mobiliser, récolter des signatures et peser sur les prochains gouvernements.

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