Un prédicateur belge décapité en Syrie

Un prédicateur belge décapité en Syrie
Un prédicateur belge décapité en Syrie - © Belga

L’imam belge Iliass Azaouaj est parti en Syrie il y a un an et demi pour ramener les combattants en Belgique au pays. Il s'est ensuite déclaré partisan de la révolution dans une vidéo où il posait avec une ceinture d'explosifs. Il aurait finalement été décapité par les djihadistes de l'Etat islamique, pour "espionnage". Qui était-il? Plutôt djihadiste ou modéré?

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'Iliass Azaouaj était un personnage difficile à cerner. Selon des islamologues de l’UCL qui l'ont côtoyé de près, le jeune homme de 22 ans (au moment de son départ en Syrie) ans était un idéaliste, un peu naïf même.

Musulman pratiquant, il portait l'habit traditionnel et la barbe. Il s'investissait auprès des jeunes, aidait les pauvres et s'exprimait bien. Il a aussi rédigé plusieurs cartes blanches dans la presse écrite. Il avait plusieurs fois pris position contre les extrémistes de Sharia4Belgium.

Au printemps 2013, il décide d'aller en Syrie, pour ramener des jeunes belges partis combattre contre Bachar Al Assad. Il est kidnappé en avril 2013. Sharia4Belgium aurait depuis la Belgique réglé ses comptes avec ce détracteur un peu trop bruyant.

Ceinture d'explosifs

Six mois plus tard, une vidéo apparaît sur les réseaux sociaux. On y voit Iliass Azaouaj portant une ceinture d’explosifs et entouré de djihadistes cagoulés. Il y déclare avoir rallié le mouvement révolutionnaire.

Aujourd’hui encore sa famille, mais aussi les chercheurs universitaires qui l’ont côtoyé, hésitent : s’exprimait-il librement ou sous la pression ? Selon des combattants qui s’expriment via les réseaux sociaux, Iliass Azaouaj aurait été décapité fin août car soupçonné d’espionnage pour le compte de certains services de renseignement. Mais il pourrait tout aussi bien s’agir d’un règlement de compte.

A.L. avec O. Leherte

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK