Un plan pour rétablir l'équilibre linguistique à l'armée

Un plan pour rétablir l'équilibre linguistique à l'armée
Un plan pour rétablir l'équilibre linguistique à l'armée - © Tous droits réservés

Le groupe de travail de la Chambre qui planche depuis deux ans sur l'"équilibre linguistique" au sein de l'armée a approuvé mercredi, majorité contre opposition (qui s'est abstenue), des recommandations demandant de "tendre vers l'équilibre" entre les officiers francophones et néerlandophones pour les plus hautes fonctions de la hiérarchie militaire. Pour le FDF, cela ne changera rien à la situation.

Dans ces recommandations déposées par la majorité, mais jugées insuffisantes par le FDF et exagérées par le Vlaams Belang et la N-VA, figure notamment la demande d'une intensification des efforts de rééquilibrage entre les deux rôles linguistiques "aussi bien dans les grades inférieurs et supérieurs" et dans les organismes internationaux.

Le groupe de travail estime également que la Défense doit globalement "continuer à s'efforcer d'atteindre (une répartition de) 60% de militaires néerlandophones et de 40% de militaires francophones" - ce qui correspond à la taille des deux Communautés.

"Pour les officiers, la connaissance des deux langues nationales doit rester une condition de base pour pouvoir entrer en ligne de compte pour une promotion à une catégorie supérieure", ajoutent les recommandations, qui prônent également le renforcement de l'apprentissage des deux langues nationales "de manière immersive".

Le groupe de travail recommande aussi, dans la mesure du possible, une "réévaluation progressive" des primes de bilinguisme pour toutes les catégories du personnel militaire.

Le ministre de la Défense est également invité à faire rapport sur la situation chaque année, comme le prévoit une loi de 1938 sur l'usage des langues à l'armée, pour permettre à la Chambre de "continuer à suivre de manière transparente et constructive l'évolution de la répartition linguistique au sein de l'armée".

Ces recommandations vont être maintenant transmises à la commission de la défense pour approbation, puis à la plénière de la Chambre. "Il y a un accord pour ne pas rouvrir le débat" à ces deux niveaux, a souligné le député Georges Dallemagne (cdH), à l'origine d'un déblocage dans les travaux du groupe de travail.

La majorité avait ainsi convenu voici deux semaines de gommer du document les conclusions, qui dressaient un tableau de la situation linguistique - contrastée - à l'armée, où la proportion de néerlandophones croît avec les grades, avec 28% seulement de généraux francophones. Alors que dans les grades inférieurs, le déficit est du côté néerlandophone.

Avec ces recommandations, les francophones estiment avoir obtenu la reconnaissance de l'existence d'un déséquilibre pour les fonctions les plus élevées, alors que les députés flamands - Gerald Kindermans (CD&V), Luk Van Biesen (Open Vld) et David Geerts (sp.a) - évoquent le caractère "cyclique" de ce déséquilibre.

Ce groupe de travail avait été mis sur pied voici deux ans à la demande des partis francophones à la suite de propos tenus en octobre 2010 par l'ancien commandant de la base de Florennes, le colonel désormais en retraite Luc Gennart, qui avait dénoncé la "flamandisation" de l'armée, avant de se lancer en politique au sein du MR.

Entre-temps, la question a fait l'objet d'un accord entre les six partis de la coalition gouvernementale. La déclaration gouvernementale de l'équipe Di Rupo 1er stipule en effet que "le respect de l'équilibre linguistique au sein de l'armée sera un souci permanent du gouvernement".

Mais le député Denis Ducarme (MR) a récemment menacé de retirer sa confiance au ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V) en cas de non respect de ce texte et de nouvelle nomination de généraux qui n'irait pas dans le sens d'un rattrapage (de l'équilibre linguistique), assurant qu'il s'agissait de la position de tout le MR.

Un accord qui ne changera rien, pour Damien Thiéry (FDF)

Damien Thiéry s'interroge: "Si le groupe de travail n’a pas réussi à s’accorder sur un rapport reprenant les conclusions des auditions et un an et demi de travail et de discussions, comment a-t-il pu formuler une série de recommandations sur des éléments objectifs et vérifiés? ".

Le député FDF s’étonne de la satisfaction de la majorité, notamment du MR, d’avoir engrangé un accord sur des mesures dites "concrètes", qui selon lui n'en sont pas puisqu'elles n'ont pas force de loi. Damien Thiéry s’interroge sur la portée de ces mesures auprès du ministre de la Défense, Pieter De Crem.

Pour lui, rien n’a été résolu et le déséquilibre linguistique restera présent.

Avec Belga

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