Un juge d'instruction enquête sur l'accusation de corruption impliquant Jean-Claude Fontinoy, actuel président de la SNCB

La reconduction de Jean-Claude Fontinoy, actuel président de la SNCB, à son poste paraît compromise. Son départ est évoqué sans qu'à ce stade, un quelconque lien ne soit fait avec l'enquête qui le concerne.

La désignation d’un juge d’instruction pour enquêter sur des soupçons de corruption ne va pas aider ceux qui aimeraient le voir rempiler.

Jean-Claude Fontinoy qui a la réputation d’avoir le cuir épais est depuis plus de vingt ans, l’un des principaux conseillers du camp libéral et en particulier de Didier Reynders, lorsqu'il faut négocier les dossiers épineux.

L’éventualité d’un pacte de corruption

Pour rappel, en octobre dernier Jean-François Godbille, un magistrat du parquet général de Bruxelles, dénonce comme il y est tenu par la loi, des faits dont il a eu connaissance en dehors du cadre professionnel. Jean-François Godbille est proche du prince Laurent. C’est dans ce contexte qu’il se décide à rédiger un procès-verbal dans lequel il acte les déclarations d’une personne qui s’est confiée à lui et qui accuse Jean-Claude Fontinoy d’avoir perçu une somme de 50.000 euros pour agir en faveur des intérêts du prince Laurent dans son litige avec l’Etat libyen. 

Concrètement, il s’agissait de convaincre le ministre Didier Reynders d'appuyer les efforts des avocats du prince Laurent pour récupérer une créance de 48 millions d’euros en faveur de GSDT, l’association environnementale dans laquelle intervient Laurent. La dénonciation du magistrat Jean-François Godbille implique donc indirectement le prince Laurent, car ce sont des personnes de son entourage voulant l’aider dans ses déboires financiers en Libye qui seraient concernés par les faits à l'origine de l'enquête.

Convaincre Didier Reynders de rejoindre la position des avocats du prince Laurent

Si comme l’a révélé le journaliste Frédéric Loore (Paris-Match), une rencontre s’est tenue au domicile d’un homme d’affaires, celui-ci est identifié dans la procédure, et où était présent également l'avocat du prince Laurent, la question est de savoir si en acceptant de se rendre à l’invitation, Jean-Claude Fontinoy intervenait à titre personnel, ou avec l’aval de son ministre et dans ce cas avec quel mandat ?

Ce n’est plus un secret que les relations entre le prince Laurent et Didier Reynders étaient loin d’être au beau fixe en raison de la différence de traitement accordée à l’association du prince Laurent dans le dossier libyen en regard d’autres créanciers belges. Cette différence résultant officiellement d’une analyse juridique différente entre les départements publics concernés et celle des avocats du prince Laurent.  

A ce stade, rien ne permet d’impliquer personnellement Didier Reynders dans les échanges qui ont eu lieu à l'été 2017, ni même d’affirmer qu’il ait été tenu informé de la rencontre. D’autant plus qu’il s’agissait dans le chef des initiateurs de ce contact de mandater Jean-Claude Fontinoy afin qu’il influence le processus décisionnel dans le sens voulu.

Enquête à charge et à décharge

La désignation d’un juge d’instruction est une bonne décision. Elle permet d’instruire à charge et à décharge et de procéder à tous les devoirs d’enquête nécessaires pour établir la vérité des faits. Pour cela il faut que la Justice puisse faire son travail sans acharnement particulier mais aussi sans complexe.

Jean-Claude Fontinoy dispose des mêmes droits et devoirs que n’importe quel citoyen, ni plus ni moins. Et reste bien entendu présumé innocent.

 

Fonds lybien, colère du Prince Laurent: JT 13/02/2019

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