Un gouvernement fédéral sans la N-VA ? "Le CD&V dit clairement non", indique Koen Geens

Fin de mission pour les informateurs royaux, qui ont remis leur rapport final au Roi lundi. Didier Reynders et Johan Vande Lanotte ont ensuite formulé un appel à la N-VA et au PS afin d’entamer des discussions plus approfondies pour dénouer le nœud politique. Plusieurs personnalités nationalistes et socialistes ont circulé pour assumer cette mission, notamment Geert Bourgeois et Jean-Claude Marcourt. 

Koen Geens (CD&V), le vice-Premier ministre et ministre de la Justice, pressenti pour remplacer Charles Michel, au 16 rue de la Loi, était l'invité de La Première mardi matin. Selon lui, ce duo est essentiel. Le ministre attend "qu'ils cherchent ce qui les unit, et unit les trois Régions et les communautés du pays". Leur but est "de faire le tri entre ce qu’on peut seulement rêver et ce qui peut être atteint à court terme, pour que cela aide le prochain formateur à former bientôt un nouveau gouvernement", explique-t-il.

Le PS et la N-VA, bien que déforcés avec les élections, restent incontournables

On sait pourtant que les deux partis ne s’apprécient pas. "C’est une mission compliquée. Leur rôle sera de faire ce qui aurait dû être fait depuis longtemps".

Il rappelle que son propre parti a déjà, durant les deux précédentes législatures, participé au déblocage de la situation. "Souvenez-vous durant la période de formation en 2010, Bart de Wever et Elio Di Rupo ont pris le temps pour s’entendre et n’ont pas trouvé d’issue. Le CD&V et d’autres partis ont été très instructifs pour sortir de l’impasse sans la N-VA. Même chose en 2014, le parti a de nouveau été instructif avec le MR pour un gouvernement sans le PS cette fois. Maintenant, le PS et la N-VA, bien que déforcés avec les élections, restent incontournables. La troisième fois c’est à eux deux d’essayer à tout prix d’en sortir."

Le CD&V, qui a donc joué un rôle pivot le répète, il faut que les deux partis s’entendent. "C’est nécessaire pour la continuité et la stabilité du royaume. Nous le disons depuis un certain temps. Les chiffres que l’électeur nous a donnés nous disent que c’est devenu inévitable."

Les partis flamands hors nationalistes trop faibles

Au lendemain des élections, Elio Di Rupo l’avait pourtant annoncé: son objectif était de former un gouvernement fédéral avec une coalition minoritaire en Flandre, sans la N-VA. Mais le CD&V ne suivra pas ce scénario-là car, selon lui, les autres partis flamands hors nationalistes sont trop faibles pour former une coalition minoritaire en Flandre.

"Mathématiquement il y a trois possibilités: 33% avec N-VA/PS, 33% pour la coalition dont Monsieur Di Rupo rêve. 33% pour de nouvelles élections. On ne dit jamais jamais. Dire jamais dans le monde c’est dangereux. Pour l’instant, mon parti dit clairement non et nous ne sommes pas le seul. Nous avons soudé des liens au niveau régional, c’est inévitable. Je crois vraiment que les deux partis en tête du peloton doivent tout faire pour en sortir."

Mais le ministre reste lucide: "les chances sont petites d'avoir un gouvernement d'ici à la fin de l'année".

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Koen Geens (CD & V) RTBF
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