Un élu Vlaams Belang à la tête de la commission de l'Intérieur à la Chambre: quels seront ses pouvoirs?

La désignation d'un député Vlaams Belang à la présidence de la commission de l'Intérieur de la Chambre suscite bon nombre d'interrogations. Joëlle Milquet, dans un tweet, estime que c'est "impensable et atterrant". C'est la commission, dit-elle, "la plus sensible en terme de démocratie, de droits de l'homme, de la gestion de la police, de la force publique, des élections..."

Mais précisons qu'un président de commission n'a pas tous les pouvoirs. Aucune comparaison avec le président de la Chambre qui est le véritable "patron" du parlement.

Des pouvoirs limités

Le président d'une commission la gère. Il doit tenir compte de tous les partis qui la composent et pouvoir communiquer dans deux langues nationales. C'est lui qui convoque les commissions et qui prend connaissance de la liste des présences. Et, à l'heure fixée, il a la faculté d'ouvrir la séance immédiatement, de la retarder ou de l'ajourner. Et d'ainsi pouvoir ennuyer les partis de la majorité si leurs élus ne sont pas en nombre. Mais, et c'est très important, l'ordre du jour des commissions est fixé par la commission, donc par ses membres, ou à défaut par son président.

Un président de commission ne peut passer en force, il doit avoir une majorité d'élus derrière lui. Ortwin Depoortere, le nouveau président Vlaams Belang de la commission de l'Intérieur veut déjà convoquer la semaine prochaine Pieter De Crem, le ministre CD&V de l'Intérieur. Son but : l'interroger à propos des incidents survenus ces dernières semaines dans des piscines en Flandre. Mais si le président de la commission de l'Intérieur n'est pas suivi, cela n'aura pas lieu.

Précisons, enfin, que ce n'est pas un précédent. Par le passé, le Vlaams Belang a déjà présidé des commissions de la Chambre. Mais jusqu'à présent, les élus d'extrême droite n'avaient pas franchi la ligne rouge dans l'exercice de cette fonction.

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