Un "début de rapprochement" entre le gouvernement belge et le patron de Lufthansa

Carsten Spohr, patron de Lufthansa, quittant le 16 rue de la loi
Carsten Spohr, patron de Lufthansa, quittant le 16 rue de la loi - © DIRK WAEM - BELGA

Pas encore d’accord mais "un début de rapprochement". Voilà ce qui ressort de la rencontre entre Carsten Sporh, le patron de Lufthansa et la première ministre Sophie Wilmès. Ils se sont vus ce midi, pendant environ deux heures, en compagnie des ministres Alexander De Croo (Finances) et Nathalie Muylle (Emploi) ainsi que de Thorsten Dirks et Dieter Vrancks de Brussels Airlines.

L’objectif est de discuter de l’avenir de Brussels Airlines et surtout de l’aide d’Etat sollicitée par le patron de Lufthansa, maison mère de Brussels Airlines. La compagnie aérienne belge a annoncé mardi un important plan de restructuration, avec jusqu’à mille suppressions d’emploi (un quart du personnel). Déjà dans les difficultés donc, Brussels Airlines subit aussi le choc de la crise coronavirus. Cet avenir est donc plus que sombre.

Une aide oui, mais à quelles conditions ?

Le gouvernement ne devrait pas intervenir dans le plan social en cours. Par contre, il est prêt à aider financièrement Brussels Airlines, à hauteur vraisemblablement de 290 millions d’euros. Mais l’état veut aussi l’assurance que son aide sera utilisée pour faire de Brussels Airlines une compagnie aérienne pérenne. Dans son communiqué publié à l’issue de la réunion, le gouvernement écrit : "Des garanties doivent ainsi être données en vue d’une mise en œuvre correcte d’un business plan réaliste et tourné sur l’avenir pour Brussels Airlines, axé sur une croissance rentable, responsable du point de vue écologique et offrant des perspectives d’emploi."

De son côté, on sait que le patron de Lufthansa n’entend pas voir un état s’immiscer dans sa gestion. Du coup, aujourd’hui, les deux parties autour de la table des discussions ne le cachent pas, ce n’est pas encore gagné. "Les contacts ont été très difficiles" ces dernières semaines précise même le communiqué, alors chacun marche sur des œufs. Cette rencontre est un premier contact, qui abouti à un "début de rapprochement. […] Tant Lufthansa Group que l’État belge reconnaissent l’importance de Brussels Airlines en tant que hub économique offrant une connectivité étendue, et l’importance d’un plan de croissance ambitieux qui se concentre sur le continent africain et nord-américain."

Et pour le reste, les négociations vont se poursuivre. Avec à l’œil, les discussions en cours entre syndicats et direction de Brussels Airlines, mais aussi celles entre Lufthansa Group et l’État allemand.

Conseil d’entreprise extraordinaire chez Swissport

Aujourd’hui, il n’y a pas que Bruxelles Airlines qui a des craintes quant à son avenir. La pandémie touche beaucoup d’entreprises du secteur aéronautique. Et les difficultés de Brussels Airlines pourraient précipiter le sort de certaines d’entre elles, créer une sorte de réaction en chaîne.

C’est ce que redoutent les travailleurs de Swissport. La société de manutention aéroportuaire, qui gère notamment les bagages de Brussels Airlines, tenait ce vendredi un conseil d’entreprise extraordinaire. Cette réunion était convoquée suite à la diffusion d’informations dans la presse, sur les difficultés financières de Swissport. Mais aucun doute que la situation de Brussels Airlines a également été évoquée.

Pas d’annonce de licenciements à l’issue de cette réunion, mais un plan de transformation devrait être mis sur la table en juin. POur la direction, la crise du Coronavirus laissera longtemps des traces : "Il est clairement établi à ce stade que la situation mettra longtemps avant de retourner à la normale. Selon les propres prévisions de redémarrage de nos compagnies clientes, nous tablons sur environ 40% d’activité d’ici la fin de l’année, et sans doute pas plus de 70 à 80% en 2021."

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