Un contrôle covid tourne mal à Waterloo: un "usage disproportionné de la force" selon le père, "rébellion" selon le parquet

Un contrôle Covid a mal tourné vendredi soir à Waterloo, occasionnant plusieurs blessés, a indiqué dimanche le parquet du Brabant wallon.

Les policiers de la zone de la Mazerine et leurs collègues waterlootois ont été appelés à intervenir vendredi soir vers 23h30 dans une habitation privée située à la limite des localités d’Ohain (Lasne) et Waterloo. Une fête rassemblant une dizaine de personnes s’y déroulait. Comme le prévoit la procédure en cas de flagrant délit, les policiers ont pu intervenir suite à l'accord du parquet.

Une vidéo des événements ayant fait l'objet d'un montage circule sur les réseaux sociaux. On y voit notamment la mère de famille se plaindre de la présence en nombre des policiers, puis, après une coupure, au sol, le visage en sang. Selon le médecin de la famille, elle souffre d’une fracture du nez.

La RTBF a obtenu le témoignage du père de la famille waterlootoise. Selon lui, ce serait le fait de filmer les policiers qui aurait déclenché la réaction musclée de la police. Il parle d'un "usage disproportionné de la force". 

Le parquet du Brabant Wallon réfute les accusations de la famille. Selon le procureur du Roi, les propriétaires des lieux ont eux-mêmes porté plusieurs coups aux policiers. Plusieurs ont été blessés, sans que cela entraîne une incapacité de travail. Il affirme que l'usage de la force était nécessaire et légal pour maitriser le père, la mère et la fille aînée de la famille. 

"Je suis père de famille, chef d'entreprise, mon casier est vierge. Jamais il n'y a eu de coups portés à la police", se défend le père. "On lit aujourd'hui que deux policiers sont en arrêt de travail pour coups et blessures. C'est une vaste blague", poursuit le propriétaire des lieux. "Je suis meurtri, ma femme est défigurée, ma fille va être suivie psychologiquement."

Le père, la mère et leur fille majeure seront convoqués devant le tribunal correctionnel pour y répondre de rébellion en bande, coups à policiers et infraction relative au couvre-feu. 

L'audience est fixée à la fin du mois de janvier 2021, a annoncé lundi le procureur brabançon à l'agence Belga, précisant qu'un juge de fond est d'ores et déjà désigné. L'enquête doit être complétée par l'ensemble des témoignages des personnes présentes au moment des faits afin de permettre au juge de disposer de toutes les versions, conclut Marc Rézette.

De son côté, la bourgmestre de Waterloo Florence Reuter a appelé à plus de retenue dans les commentaires qui sont faits sur cette intervention: "Je ne m’exprimerai pas sur le fond. Les faits relèvent de l’autorité judiciaire représentée par le procureur du Roi. En tant qu’autorité administrative qu’est la bourgmestre, je n’ai pas à commenter les faits. Une enquête judiciaire est en cours, à laquelle je serai très attentive.

Sur la forme, en revanche, je ne peux que regretter le manque de nuance sur les réseaux sociaux. Les informations sont répandues comme une trainée de poudre, souvent sans analyse ni vérification. Le contexte difficile de crise sanitaire que nous vivons et les mesures imposées crée un sentiment d’insécurité dans lequel l’aspect émotionnel prend le pas.

Je ne peux qu’en appeler à la raison. L’enquête judiciaire se poursuit et une comparution en urgence devant le tribunal correctionnel est déjà fixée au 25 janvier. Laissons la justice faire son travail avec rigueur, calme et sérénité".

Lasne: un contrôle covid tourne mal (JT du 21/12/2020)

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