Un contrôle américain à l'aéroport de Bruxelles-National? Ce ne sera pas pour tout de suite

Un contrôle américain à Bruxelles-National? Ce ne sera pas pour tout de suite
Un contrôle américain à Bruxelles-National? Ce ne sera pas pour tout de suite - © BRENDAN SMIALOWSKI - AFP

On nous l’avait déjà annoncé pour 2017, puis pour 2018… Mais l’installation des douanes américaines à l’aéroport de Bruxelles-National, ce n’est pas pour tout de suite. Le principe : permettre aux passagers de passer directement les contrôles d’immigration sur le sol belge. Terminées donc les files interminables une fois descendu de l’avion aux Etats-Unis ou les correspondances manquées entre deux vols.

Pour les passagers, c’est un gain de temps et l’assurance d'entrer dans le pays dès qu’ils ont posé le pied dans l’avion. Pour les Etats-Unis, c’est un argument sécuritaire : les potentielles menaces terroristes seraient maintenues hors du sol national.

« Ce système offre aux voyageurs une plus grande sécurité quant à leur admission effective sur le territoire américain. Les aéroports qui instaurent ce système et les compagnies aériennes qui opèrent à partir de ces aéroports bénéficient d’un avantage compétitif manifeste », affirmait Didier Reynders à la Chambre début juillet dernier.


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Entre le shutdown de l’administration Trump et les Affaires courantes du gouvernement fédéral belge, où en est ce projet ? Renseignement pris auprès des Affaires étrangères, les négociations sont toujours en cours. « Une réunion a encore eu lieu en décembre 2018 », déclare un porte-parole de Didier Reynders. Il y aurait même « une réelle volonté d’avancer des deux côtés ».

De nombreux points à régler

Les négociations devraient donc se poursuivre dans les mois à venir « pour aplanir les points de divergence ». Des groupes de travail ont été mis en place pour régler les questions opérationnelles : emplacement au sein de l’aéroport, questions légales qui pourraient se poser pendant que des agents américains opèrent sur le territoire belge, gestion des armes à feu… Comme le disait déjà Didier Reynders l’été dernier en réponse à une question parlementaire : « J’espère que la Belgique deviendra le prochain pays à mettre en place un tel régime, mais cela ne se fera pas du jour au lendemain. »

Du côté de Bruxelles-National, on se dit prêt à implanter ce nouveau contrôle aux frontières. Tout comme Didier Reynders, la direction de l’aéroport voit le projet d’un très bon œil. Cela permettrait d’améliorer le confort des passagers et, pourquoi pas, attirer de nouvelles compagnies désireuses d’ouvrir des lignes vers les Etats-Unis.

D’un point de vue pratique, il faudra organiser le trajet des passagers au sein du terminal et voir comment accueillir les agents américains. Mais, selon Nathalie Pierard, porte-parole de l’aéroport, ce n’est « pas énorme » à mettre en place. Un travail a déjà été fait au niveau des plans. C’est d’ailleurs « la clef de l’accord » entre les Etats-Unis et la Belgique : respecter les règles et les exigences de chacun.

Un projet qui remonte à... 2015

Ce système de « preclearance » existe déjà depuis quelques années dans les aéroports irlandais de Shannon et Dublin. Dans la vidéo ci-dessous l'aéroport de Dublin en fait un argument de vente : deux heures gagnées par rapport à un trajet habituel. En mai 2015, les Etats-Unis ont décidé d’étendre ce système à une dizaine d’autres pays, dont voici la liste ci-dessous. La Belgique figure en première position.

  • Brussels Airport, Belgium ;
  • Punta Cana Airport, Dominican Republic ;
  • Narita International Airport, Japan ;
  • Amsterdam Airport Schipol, Netherlands ;
  • Oslo Airport, Norway ;
  • Madrid-Barajas Airport, Spain ;
  • Stockholm Arlanda Airport, Sweden ;
  • Istanbul Ataturk Airport, Turkey ; and
  • London Heathrow Airport and Manchester Airport, United Kingdom.

Vidéo : comment se passe la « preclearance » à l’aéroport de Dublin

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