"Un cocktail entre vote protestataire et vote idéologique" explique le succès du PTB et du Vlaams Belang

Emilie Van Haute, professeure à l'ULB
Emilie Van Haute, professeure à l'ULB - © RTBF

Les élections du 26 mai 2019 ont notamment vu le succès des partis d’extrême gauche et d’extrême droite. Comment expliquer ce comportement électoral ? Avec des collègues de la VUB, Emilie Van Haute, professeure à la faculté de philosophie et des sciences sociales de l’ULB a mené une enquête post-électorale pour trouver une explication à ces votes extrêmes. Une chose est claire : c’est un manque de satisfaction et de confiance envers les politiques qui ont mené ces votes, explique Emilie Van Haute, interrogée sur La Première : "Depuis 2014, la confiance a fortement baissé dans l’électorat, tant en Flandre qu’en Wallonie. C’est une perte d’un point sur une échelle de 0 à 10, c’est beaucoup. Cela concerne tous les électeurs, mais en particulier les électeurs du Vlaams Belang et du PTB-PVDA qui, eux, ont un niveau de confiance moyen plus bas que les autres électeurs, mais aussi un niveau de satisfaction, par rapport au travail des gouvernements régionaux, plus faible que les autres électeurs. Ce sont donc deux éléments qui peuvent expliquer le vote pour ces partis".

Les électeurs qui ont voté pour les partis classiques "ont proportionnellement plus confiance que les électeurs Vlaams Belang et PTB-PVDA. Mais de manière générale, la confiance est faible et la satisfaction est faible également", poursuit-elle.

"Nous avons aussi analysé les positions politiques des électeurs : elles sont très contrastées et correspondent finalement assez bien aux positions des partis. On a donc des électeurs du Vlaams Belang qui adoptent des positions très à droite sur l’échelle gauche-droite et des électeurs PVDA-PTB très à gauche sur la même échelle. Par ailleurs, sur les questions socio-économiques, migratoires ou environnementales, il y a aussi de fortes différences. Ils votent pour un parti plutôt que pour un candidat. Ils sont en tout cas très cohérents par rapport à l’offre politique qui leur est proposée et on n’a donc pas de déconnexion complète entre la position des partis et leur électorat."

"Cocktail entre vote protestataire et vote idéologique"

Les chercheurs ont tenté d’évaluer le poids de chacun des facteurs qui a motivé les électeurs : "Ce qui semble peser le plus reste quand même les positions politiques, donc le positionnement idéologique, le positionnement gauche-droite en particulier. Et dans un second temps, il y a cette question de confiance et de satisfaction envers la politique. C’est donc un cocktail entre vote protestataire et vote idéologique".

Si on regarde les priorités politiques de ces électeurs, ce sont des priorités qui sont en phase avec leur parti. L’électorat Vlaams Belang, ce sont les questions migratoires. L’électorat PTB-PVDA, ce sont les questions d’emploi et de sécurité sociale", selon Emilie Van Haute.

Il est beaucoup question ces derniers temps de la société civile. L’étude se penche aussi sur les niveaux de confiance dans différentes institutions : "Ce sont les institutions politiques et médiatiques qui recueillent les niveaux de confiance les plus faibles. C’est vrai que la confiance est un peu plus élevée envers d’autres institutions, et notamment tout ce qui est monde associatif", indique-t-elle encore.

Cette enquête a été menée par un consortium de cinq universités. Des électeurs ont été interrogés avant les élections et à nouveau après les élections. Il y a un millier de répondants dans chacune des régions.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK