Accident d'un car belge: 28 morts, trois hypothèses privilégiées

Le car accidenté en Suisse
Le car accidenté en Suisse - © AFP PHOTO / SEBASTIEN FEVAL

Un bus scolaire belge a percuté la paroi d'un tunnel à Sierre dans le Valais, avant de s'encastrer dans la voie de secours, mardi soir vers 21 heures. Le bilan provisoire est de 28 morts, dont 22 enfants. Les premières familles sont arrivées en Suisse. Le gouvernement a décrété un jour de deuil national.

Le commandant de la police valaisanne a donné quelques précisions sur les circonstances de l'accident lors d'une conférence de presse en fin d'après-midi. "On a été en présence d'un choc frontal très violent contre un mur en béton", a-t-il dit. Plus de 200 personnes ont été mobilisées, "elles sont à l'intervention depuis 20 heures à l'heure où je vous parle".

Le premier procureur du Valais central, chargé de diriger l'enquête, s'est également exprimé. Il a confirmé que les images de vidéosurveillance du tunnel ont été sauvegardées et sont en cours d'analyse. Les premières constatations sont que l'autocar est récent, que le chauffeur venait de prendre le volant. Selon les images vidéo, on peut exclure qu'il y ait eu une interaction avec un autre véhicule ou un problème de chaussée. A priori, le véhicule ne circulait pas trop vite. Les enfants étaient attachés avec des ceintures de sécurité. Les hypothèses sont au nombre de trois: une défectuosité du véhicule, un malaise du conducteur et/ou une cause humaine qui pourrait être liée à une erreur.

Le secrétaire d'Etat à la Mobilité, Melchior Wathelet, a confirmé ce matin que le bus accidenté appartenait à la société Toptours d'Aerschot: "C'est une entreprise qui a une excellente réputation dans le secteur routier. Les chauffeurs étaient arrivés la veille et ont passé la journée sur place avant de prendre la route. Il semble donc bien que la législation sur les temps de conduite ait été respectée".

28 morts, dont 22 enfants

Le dramatique accident de car survenu en Suisse lundi soir a fait 28 morts et 24 blessés

Le véhicule comptait 52 occupants : 6 adultes et 46 enfants. Parmi les 6 adultes, se trouvaient deux chauffeurs et 4 accompagnateurs. 10 des 46 enfants étaient de nationalité néerlandaise.

Sur les 28 personnes décédées, on dénombre les 6 adultes et 22 enfants, parmi lesquels 7 Néerlandais. 15 des 22 enfants décédés étaient scolarisés à l'école primaire 't Stekske de Lommel, dans le Limbourg. Parmi les 24 blessés, 3 sont dans un état grave, tous dans le coma, et deux d'entre eux n'ont pas encore été identifiés.

Les 21 autres blessés, parmi lesquels se trouvent 3 Néerlandais, sont hors de danger. Une personne de nationalité polonaise et une autre de nationalité allemande se trouvaient parmi les occupants de l'autocar accidenté.

Les blessés ont été répartis dans six hôpitaux de la région (Sion, Sierre, Lausanne, Martigny, Berne et Viège).

Deux écoles flamandes

Les élèves d'Heverlee étaient vraisemblablement assis à l'arrière du bus et seraient dès lors moins grièvement touchés.

Vingt-quatre enfants d'Heverlee se trouvaient dans le bus accidenté. Les deux accompagnateurs d'Heverlee - un professeur et une monitrice de ski - sont eux décédés.
     
L'école de Lommel avait 22 enfants et deux accompagnateurs adultes à bord du car. Les deux adultes, un professeur et un employé administratif, sont décédés.

Les deux chauffeurs du bus sont également décédés.
    
Sept membres de la DVI ont été envoyés sur place pour aider à l'identification des victimes, ainsi que huit urgentistes et collaborateurs psycho-sociaux de la Défense et de la Santé.

Au total, le car transportait 52 personnes. Le voyage était organisé par l'enseignement catholique flamand. 

Il y avait aussi dix enfants néerlandais à bord, ainsi qu'un Allemand et un Polonais à bord.


Il était 21h15 environ, mardi, quand l'accident s'est produit

L'autocar, immatriculé en Belgique, circulait sur l'autoroute A9 en direction de Sion dans le canton du Valais. Il avait quitte le Val d'Anniviers depuis une trentaine de minutes. Le bus était neuf ou presque et équipé de ceintures de sécurité.

Deux kilomètres après avoir rejoint la plaine, dans un tunnel rectiligne et limité à 100 km/h, le véhicule a dévié pour une raison inconnue et a heurté la bordure de droite avant de percuter frontalement le mur de béton situé à l'extrémité d'une aire de secours sur un tronçon rectiligne.

Un témoin qui circulait sur les lieux juste après l'accident et qui a aidé des enfants à sortir raconte son expérience, à écouter en son ci-contre. Pour lui, il ne peut s'agir que d'une distraction ou d'un malaise du chauffeur, vu le lieu de l'accident. "Malheureusement le choc a été effroyable", dit-il.

De très nombreux secours sont arrivés très vite sur place. Les blessés ont été transportés par hélicoptère et par ambulance dans différents hôpitaux.

En raison de la gravité des faits, le ministère belge des Affaires étrangères a ouvert un centre de crise où un numéro de téléphone est opérationnel dès 9h: 02/501.40.00 (ou 02/501 40 01 pour les francophones). Un numéro de téléphone suisse est à la disposition des familles: 00/41/848.112.117. Il est demandé de ne pas encombrer ces lignes, réservées aux familles concernées.

Un jour de deuil national

Un Comité ministériel avait lieu à 13 heures au 16 rue de la Loi. Le Premier ministre s'est ensuite rendu en Suisse. Dans une déclaration mercredi matin, Elio Di Rupo a parlé d'un "jour tragique pour toute la Belgique". Le Comité ministériel a d'ailleurs décrété un jour de deuil national.

Un premier Airbus a décollé peu avant 14h de l'aéroport militaire de Melsbroek. Vers 15h00, les premières familles étaient arrivées en Suisse, à Genève. Un peu après 15h, un avion transportant le Premier ministre a décollé.

Aide psychologique

Les familles sont reçues par les autorités diplomatiques et le centre de crise helvétique.
     
De son côté, le centre de crise de la Santé publique en Belgique a été averti par les Affaires étrangères vers 6 heures du matin.
     
Un plan d'intervention psychosocial (PIPS) a été déclenché, et deux équipes comprenant chacune un médecin et un accompagnateur psychosocial ont été envoyées à Lommel et à Heverlee, les communes des écoles où les enfants sont scolarisés.
     
Le service d'intervention psychosociale urgente de la Croix-Rouge a également été mobilisé, en contact avec les services d'urgence en Suisse.

Le roi Albert II et la reine Paola ont salué le départ des familles des victimes. Le couple royal n'accompagne néanmoins pas le Premier ministre Elio Di Rupo, le ministre-président flamand Kris Peeters et le ministre de la Défense Pieter De Crem en Suisse.

Deux autres cars sont arrivés à bon port

Deux autres bus scolaires qui faisaient le même trajet entre la Suisse et la Belgique sont arrivés à bon port: à Beersel et à Haasrode. Les passagers de ces bus n'ont pas assisté à l'accident.
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