Un budget pour la fin du week-end... ou de la semaine

Le Ministre de l'Economie Johan Vande Lanotte à l'entame des discussions ce samedi à 17 heures.
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Le Ministre de l'Economie Johan Vande Lanotte à l'entame des discussions ce samedi à 17 heures. - © Tous droits réservés

Les principaux ministres du gouvernement se sont quittés samedi vers 19h30, après deux heures de réunion consacrée au budget 2013. Pendant la journée, le premier ministre Elio Di Rupo a eu des entretiens bilatéraux avec les vice-premiers ministres. Il resterait deux milliards à trouver.

Tous les éléments sont sur la table pour conclure, avaient répété les différents protagonistes à leur arrivée à 17h. La plupart évoquaient alors la fin du week-end ou lundi pour boucler cet exercice. Plus prudent, le vice-premier sp.a, Johan Vande Lanotte, a parlé de la fin de la semaine.

Reprise probable: dimanche après-midi

Les dépenses primaires des différents départements ont été abordées mais les difficultés subsistent et les mesures linéaires d'économie ne semblent pas passer la rampe dans tous les départements, a-t-on indiqué à bonne source. Il s'agit d'éviter que des hausses de dépenses n'apparaissent ou que des mesures d'économie ne se résument au report de dépenses nouvelles. La matinée de dimanche sera consacrée aux cérémonies du 11 novembre. Les travaux pourraient donc reprendre l'après-midi. Pour certains, il serait toutefois temps que, lundi, les discussions entrent dans le vif du sujet. Car en se quittant samedi, les négociateurs devaient encore trouver deux milliards.

"On a pu affiner l'ensemble des expertises et des estimations des propositions des différents partis. Tout est sur la table. Il est temps maintenant que les six formations politiques puissent se rapprocher", a souligné le ministre du Budget, Olivier Chastel."On a trouvé au moins la moitié de ce que nous voulons faire", a assuré pour sa part la vice-première cdH, Joëlle Milquet.

Le gouvernement n'a pas le choix

L'équipe d'Elio Di Rupo se trouve face à une obligation: boucler le budget de l'année 2013. Une des questions qui se pose est de savoir si elle se limitera à un exercice strict ou décidera aussi de mesures visant à la relance de l'économie et de l'emploi.

"Personne ne veut boucler l'exercice avec seulement un budget. Il faut aussi quelques mesures d'espoir", a expliqué le vice-premier MR, Didier Reynders. "C'est essentiel. Personne ne peut imaginer que l'on fasse un budget, sans plus. Il faut un signal", a renchéri le vice-premier CD&V, Steven Vanackere.

Laurette Onkelinx prône la "moralisation des banques"

La vice-première PS, Laurette Onkelinx, a pour sa part insisté sur la "moralisation des banques", visant notamment la séparation des banques d'affaires et de dépôts ou l'octroi de crédit aux indépendants et PME. "Le monde bancaire doit aussi faire des efforts pour soutenir la croissance", a-t-elle demandé.

Et les pistes sont nombreuses: gel ou annualisation de l'index, augmentation de 1% de la TVA, impôt minimal pour les sociétés qui versent des dividendes, amnistie fiscale (DLU) -qui a fait l'objet d'un accord de principe-, TVA sur les honoraires d'avocat, généralisation du précompte mobilier à 25%, etc.

Peut-être un taux unique pour les livrets d'épargne

Selon "Le Soir", une diminution de la déductibilité fiscale des frais de restaurant est également envisagée. Une "mesure qui n'a pas de sens", a jugé toutefois M. Reynders. Les quotidiens "L'Echo" et "De Tijd" citent également dans leur édition du week-end une autre proposition socialiste: le gouvernement pourrait fixer un taux d'intérêt unique des livrets d'épargne.

Un accouchement dans la douleur

Depuis vendredi, les ministres ont, une nouvelle fois, remis sur le métier les dépenses primaires des différents départements et n'ont toujours pas clôturé cette discussion. "On patauge dans les dépenses primaires", commentait vendredi soir un des négociateurs.

Il n'y a toujours pas d'accord sur les budgets de la Défense et la Coopération au développement sur lesquels il y a eu de grosses crispations le week-end dernier. Les discussions se sont également crispées vendredi sur le département de l'Intérieur.

La police et la sécurité ont certes des priorités, font remarquer certains, mais il faut d'abord faire des économies et ensuite voir ce qu'on peut malgré tout accorder.

Au cours de la journée, les ministres avaient validé le résultat d'une série de groupes de travail. Ils ont aussi reparlé de l'énergie et de la régularisation de capitaux rapatriés de l'étranger.

Sur ce dernier point il y a, selon plusieurs sources, un consensus sur des modalités. Une telle opération pourrait rapporter 600 millions d'euros. Toutefois, il n'y a aucune décision puisque dans ce genre de débat tous les points délicats sont liés entre eux. Les autres points délicats sont pour l'essentiel un saut d'index et une augmentation du taux de TVA de 21% neutralisé dans l'index.

Partenaires sociaux et gouvernement vont se revoir

Le gouvernement avait aussi rencontré vendredi les partenaires sociaux. Il attend d'eux des propositions en matière de relance. Les partenaires sociaux seraient disposés à travailler sur une dizaine de pistes mais attendent de voir ce que le gouvernement décidera pour son budget, a-t-on appris. Si le gouvernement décide un saut d'index, cela modifiera évidemment l'approche en matière de norme salariale par exemple.

Partenaires sociaux et gouvernementaux ont donc décidé de se revoir et le moment du rendez-vous dépendra de l'avancée des travaux budgétaires.

Belga

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