Un budget en Wallonie pour l'intégration, mais pas avant 2016

Apprendre le français ou l'allemand pour trouver plus facilement sa place en Wallonie
Apprendre le français ou l'allemand pour trouver plus facilement sa place en Wallonie - © PHILIPPE MERLE - BELGAIMAGE

En Wallonie, la précédente coalition avait adopté un décret sur le parcours d’intégration des primo-arrivants. La majorité sortie des urnes l’an dernier y a ajouté l’obligation d’apprendre le français ou l’allemand. Une disposition qui n’est toujours pas suivie et que, dans l’opposition, le MR a remise sur la table.

La nouvelle majorité a jusqu’ici expliqué qu’elle est disposée à rendre l’apprentissage de la langue locale – français ou allemand – obligatoire. Mais elle se retranche derrière la contrainte budgétaire pour en reporter l’application. Ça ne tient pas pour le chef de file de l’opposition MR, Pierre-Yves Jeholet. "En politique, il faut, dit-il, faire des choix et établir des priorités". Or, cette mesure-là semble d’autant plus prioritaire dans un contexte de radicalisation, estime le député libéral.

Pas besoin d’obliger : d’abord permettre

Dans l’opposition également, Matthieu Daele, Ecolo, insiste aussi. Inutile, selon lui, de rendre l’apprentissage obligatoire, il y a déjà une demande considérable à laquelle on ne répond pas. Il livre un exemple pris dans son arrondissement : en 2013, du côté de Verviers, 549 primo-arrivants ont voulu s’inscrire à des cours de français. Seulement 322 y ont eu accès : il n’y avait pas assez de place pour tout le monde.

Or, la pratique de la langue est indispensable pour se prendre en mains, obtenir un emploi, comprendre les contrats. Elle adoucirait aussi le communautarisme de certains quartiers où se regroupent ceux qui ne pratiquent pas ou peu la langue. C’est du moins le constat que tire le ministre.

Ça va changer en 2016

Interpellé par les députés, Maxime Prévot proclame qu’il souscrit à tout ce qui a été dit, tant sur la nécessité de rendre ces cours de langues obligatoires que sur les questions budgétaires. Et – c’est l’élément neuf qu’on retiendra dans cette commission – il prend un engagement : celui de dégager les moyens budgétaires (entre 3 et 7 millions d'euros) pour permettre ces cours de français ou d’allemand. "Dans 18 mois", dit-il. Donc sur le budget 2016.

Un engagement que l’opposition note pendant que le ministre rappelle que les communes ont déjà l’obligation de mettre en place un parcours d’intégration. C’est un dispositif léger destiné aux primo-arrivants, une information sur les droits et devoirs de ceux qui vivent en Wallonie. Or jusqu’ici 1/3 des communes wallonnes s’en est dispensé. Singulièrement dans le Brabant wallon, signale le ministre.

Carl Defoy

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