Un Belge sur deux n'aurait pas encore pensé à planifier sa pension

Un belge sur deux ne planifie pas encore sa pension
Un belge sur deux ne planifie pas encore sa pension - © Jonas Hamers / ImageGlobe - BELGAIMAGE

C'est un sondage Sofres pour la banque CBC qui l'affirme : un Belge sur deux n’aurait pas encore pensé à planifier sa pension,  Selon ce sondage, la plupart des Belges sous estiment le montant dont ils auront besoin pour maintenir leur niveau de vie de retraités. Ils tablent en moyenne sur 1.600 euros nets par mois. Cette somme semble un peu juste en cas de pépin de santé ou de placement en maison de repos, sachant que la pension mensuelle moyenne des salariés est de l’ordre de 1.100 euros brut, et moins de 1.000 euros bruts pour les indépendants chaque mois.

Épargner d'avantage

La solution idéale serait d’épargner davantage. Par exemple avec l’épargne-pension individuelle, le troisième pilier, qui bénéficie d’un soutien fiscal non négligeable. Particulièrement dans le cas où l’on entre tôt dans le système, car il est possible de se construire un capital de plusieurs dizaines de milliers d’euros pour la retraite.

Selon Jean Hindriks, professeur d’économie à l’UCL et spécialiste des pensions, il faut commencer cette épargne le plus tôt possible. "L’avantage à commencer plus tôt est double. Chaque euro que vous mettez plus tôt peut générer un rendement sur une plus longue période de temps. Le deuxième avantage est que vous étalez votre épargne sur une plus longue période, donc vous arrivez avec un capital suffisant pour compléter de manière adéquate la pension légale, qui ne sera pas suffisante pour assurer un train de vie comparable à celui que vous aviez lorsque vous étiez actif."

Mais tout le monde n’a pas les moyens de mettre de l’argent de côté. "Beaucoup de ménages ont des revenus insuffisants pour nourrir une épargne-pension individuelle. Pourquoi l’État n’aiderait-il pas financièrement les moins nantis à se constituer cette épargne-pension individuelle ? On pourrait imaginer que les augmentations à venir des allocations sociales puissent, en partie, être converties sous forme d’une épargne. Cette épargne serait investie dans une pension complémentaire, qui donnerait un capital complémentaire à la pension légale pour ces bas revenus. Ceux-ci se retrouveront aussi avec une pension légale proportionnelle aux revenus assez faibles."

Assurances-groupe proposées par des entreprises

Trois quarts des salariés du pays ont accès à ces systèmes d’assurance-groupe ou à un régime assimilé, ce qui signifie tout de même qu’un million de salariés en sont privés.

Mais qu’il s’agisse d’épargne-pension individuelle ou d’entreprises, le porte-parole de l’association des courtiers en assurances, Patrick Cauwert, lance un appel aux pouvoirs publics. "Il faut de la stabilité fiscale. On vend des choses aujourd’hui, on explique les choses au consommateur avec une déductibilité fiscale et une taxation qui est évidemment réduite, mais qui existe. Ce qui est inquiétant, c’est que ça puisse se modifier."

Assurer la stabilité fiscale du système d’épargne-pension sur plusieurs décennies est un défi pour les pouvoirs publics.
Mais combien faut-il mettre de côté par mois pour avoir quelque chose d’intéressant ?
Pour une épargne-pension individuelle il faut compter environ 80 euros par mois. Et sur 30 ou 40 ans de carrière, on peut effectivement arriver à un capital de plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Mais le problème reste le même, tout le monde n’a pas l’occasion de commencer très tôt ni de mettre de l’argent tout au long de la vie.

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