Un appel d'urgence unilingue pose problème

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Ce week-end, un piéton apparemment ivre circulait sur la bande d'arrêt d'urgence le long de la E 40. Il a été happé par un camion. Cela s'est passé à hauteur de Sterrebeek en Brabant flamand. Pour une question linguistique, il n'a pas été possible de sauver cette personne.

Un évènement tragique d'autant plus regrettable qu'un automobiliste avait tenté d'appeler les secours avant l'accident. Problème, il ne parlait que français et la standardiste du dispatching de Louvain ne parlait que néerlandais... Ils ne se sont donc pas compris. La police fédérale conteste les faits. Elle assure que l'appel a bien été traité. Cet accident rappelle quelque part le drame ferroviaire de Pécrot, en 2001.. Là aussi, un francophone et un néerlandophone ne s'étaient pas compris. L'accident du week-end dernier pose en tout cas une question : celle des règles linguistiques en vigueur dans les services de secours.

Parler deux langues n'est pas une obligation

Vous êtes francophone en Flandre, vous appelez le 100, le 101 ou le 112, numéro unique européen, sachez que les standardistes n'ont aucune obligation légale de comprendre le français. Mais pas de quoi fustiger la Flandre, la même règle vaut en Wallonie. Un constat interpellant que tient à tempérer Wim Linkens, commissaire divisionnaire à la Police fédérale : "Il y a bien des procédures qu'on a installées, si dans un centre en Flandre, quelqu'un appelle le 101, on essaie quand même de traiter l'appel en français, si quelqu'un parle le français. Et si jamais ceci n'aboutit pas à une solution, nous pouvons toujours passer l'appel dans une conférence au centre qui se trouve à Bruxelles. Bruxelles, il y a quand même tout le monde qui doit être bilingue."

Proposition de loi

Mais toutes ces procédures dépendent du bon vouloir des services de secours. Beaucoup plaident donc pour qu'une loi impose un quota de répondants bilingues. C'est le cas de Christigne Defraigne, sénatrice MR : "J'ai déposé une proposition de loi en 2007, indiquant que tout appel, dans un centre d'appel unifié, doit pouvoir être traité dans la langue de l'appelant. A savoir au moins dans une de nos trois langues nationales et dans les autres cas, au minimum en anglais."

Une proposition de loi qui pourrait prochainement ressortir des cartons vu les nombreuses réactions suscitées par le malheureux accident de ce week-end.

 

Jérôme Durant, O. N. et H.M.

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