Tueurs du Brabant: la guerre des enquêteurs fait rage

"Les réactions peuvent être négatives", dit l'avocat Sven Mary
"Les réactions peuvent être négatives", dit l'avocat Sven Mary - © Belga/NICOLAS MAETERLINCK

L'enquête sur les tueurs du Brabant se poursuit désormais depuis Charleroi. Elle est aux mains de la juge d'instruction Martine Michel. Le parquet a-t-il de nouveaux éléments à apporter ? Ce qui est sûr c'est que la piste suivie par cette nouvelle cellule n'est pas du tout celle que privilégiaient les anciens enquêteurs. Et que cela pourrait faire grincer des dents.

Cet après-midi, la juge d'instruction rencontrera les familles des victimes pour faire le point sur l'enquête. Cette rencontre a lieu quasiment une fois par an. Mais l'affaire a presque 30 ans, et le mystère plane toujours sur l'identité des tueurs. Quels profils ont-ils?

Les anciens enquêteurs de la cellule de Termonde avaient envisagé toutes les hypothèses. Le grand banditisme restait la piste la plus cohérente selon eux. Pas pour Martine Michel, la sixième juge d'instruction en charge du dossiers depuis 4 ans.

La piste privilégiée à Charleroi: celle de l'extrême-droite

Pour cette dernière, la cellule Delta n'a pas mené l'enquête avec objectivité. Les nouveaux enquêteurs de Charleroi tablent plutôt sur la déstabilisation du pays: c'est la piste de l'extrême droite et du groupe néo-nazi Westland New Post.

Mais d'autres épisodes viennent perturber le déroulement de l'enquête: en effet, dépôts de plainte et menace de mort se succèdent.

Eddy Vos, un des enquêteurs ayant travaillé des années sur l'enquête relative aux tueries du Brabant, toujours en service à la police de Termonde, a été menacé de mort, a indiqué son avocat Sven Mary. 

Menaces prises au sérieux

L'avocat a introduit une plainte contre X mais a une idée de qui se cache derrière ces menaces. Certaines personnes seraient dérangées par la méthode de travail de la nouvelle équipe d'enquêteurs qui réexamine le dossier. Le policier été exceptionnellement autorisé à garder sur lui son arme de service. "Cette nouvelle équipe, les 'chevaliers blancs', repasse tout le dossier à la loupe", explique Sven Mary. "Ils vont réinterroger beaucoup de témoins, parmi lesquels des personnes ayant servi d'indicateurs à l'époque." Les nouveaux entretiens menés avec les membres de la famille et les indicateurs sont, selon l'avocat, à l'origine des menaces.

"Il est clair que si on déclare certaines choses à propos de personnes issues du milieu criminel, les réactions peuvent être négatives", commente Sven Mary. Les menaces sont prises très au sérieux par la police fédérale, dont Eddy Vos est toujours membre.

Pour compléter le tableau, un ancien enquêteur de la cellule de Termonde, aujourd’hui pensionné a dû être emmené de force à Charleroi, la semaine dernière, pour y être entendu. Freddy Troch, à l'époque juge d'instruction à Termonde, se dit choqué. Et le principal intéressé porte plainte.

Dans ce contexte, le parquet de Charleroi apportera-t-il de nouveaux éléments à l'enquête? Les familles des victimes espèrent en tous les cas obtenir un début de réponse. Mais il ne reste plus beaucoup de temps avant la prescription de cette affaire. Elle interviendra en novembre 2015 soit 30 ans après le dernier braquage celui d'un Delhaize à Alost. Ce jour-là les tueurs feront 8 dernières victimes. Au total la bande a tué 28 personnes entre 1982 et 1985 sans jamais être  inquiétée.


RTBF, avec agences

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