Tueurs du Brabant: ce que l'on sait de Christian Bonkoffsky, soupçonné d'être le "géant"

Tueurs du Brabant: ce que l'on sait de Christian Bonkoffsky, soupçonné d'être le "géant"
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Tueurs du Brabant: ce que l'on sait de Christian Bonkoffsky, soupçonné d'être le "géant" - © Tous droits réservés

Les anciens collègues de Christian Bonkoffsky, interrogés ce lundi, vont-ils apporter de nouvelles informations sur les tueurs du Brabant?

Christian Bonkoffsky, décédé il y a deux ans, est en effet suspecté d'être "le géant", un des membres actifs de la bande qui a commis des braquages sanglants dans les années 80. 

Il n'y a ce stade aucune certitude sur sa participation aux tueries du Brabant, qui ont fait 28 morts entre 1982 et 1985, mais plusieurs éléments troublants: 

  • Sa ressemblance physique avec les portraits-robots diffusés à l'époque, et ses lunettes quasiment identiques: il était effectivement très grand. Plus d'un mètre nonante.
  • Lors de la deuxième vague de tueries en 1985, le gendarme était à chaque fois absent de son travail au moment des braquages
  • Selon la DH, le lendemain de l'une des tueries, le gendarme aurait envoyé un certificat de maladie pour blessure au pied. Et lors d'une attaque ultérieure, l'un des agresseurs boitait. 
  • Le témoignage d'un membre de sa famille qui affirme que Christian Bonkoffsky lui a révélé sur son lit de mort être le fameux "géant" des Tueurs du Brabant.

"L'information initiale venant d'un membre de sa famille a pu être recoupée et contrôlée sur base d'autres éléments" confirme le procureur général de Liège Christian De Valkeneer.

Christian Bonkoffsky a terminé sa carrière au commissariat d'Alost, auparavant il faisait partie de la brigade Diane, une unité spéciale de la gendarmerie créée après les attentats des JO de Munich de 1972. Les agents engagés à l'époque avaient un profil bien particulier, comme en témoigne l'ancien commandant de la brigade Eric Liévin: "Il fallait engager des gens qui auraient suffisamment de sang froid pour risquer leur vie quand il le fallait. Mais ils avaient les défauts de leurs qualités, et il fallait pouvoir bien contrôler ces personnes qui pouvaient mal tourner."

Christian Bonkoffsky a quitté la brigade au début des années '80, c'est-à-dire au moment du début des attaques.

Les familles concernées veulent en tout cas croire à un sursaut de l'enquête, notamment chez Bozidar Djuroski, qui a vu mourir son père à ses côtés à Braine-l'Alleud en 1985 et qui a à l'époque croisé le regard noir du tueur. Un regard... qu'il dit avoir recroisé quelques années plus tard chez un policier du bureau d'Alost. Mais son témoignage avait été classé sans suite.

"Je ne l'ai pas dit directement, ça m'a bouleversé. Je ne savais pas trop quoi faire", explique-t-il. Le témoignage qu'il fera ensuite sera classé sans suite.

"Mon père m'a dit: couche-toi! Avant de me coucher, j'ai vu un individu devant moi occupé à tirer", raconte-t-il. "Il était à cinq ou six mètres de notre camionette", explique-t-il. "J'ai vu son visage, il avait un regard sombre et expressif."

"J'espère qu'un jour on pourra mettre un nom sur les faits, sinon je me dis que j'ai été blessé pour rien, que mon père est mort pour rien. C'est comme si c'était hier pour moi, je n'ai pas encore fait mon deuil. Ça a déstabilisé toute ma vie", poursuit Bozidar Djuroski.

Patricia Finné, fille d'une des victimes, espère maintenant que le pion "Christian B." fasse tomber d'autres pions, des gens qui seraient encore en vie, et dont elle espère qu'"ils vont payer".

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