Tueries du Brabant: les fausses pistes de la pègre

Cinq ans avant la prescription des faits, la RTBF consacre un dossier spécial aux tueries du Brabant. Nous avons rencontré Guy Bouten. Cet ancien journaliste de la VRT a publié un livre : "Tueries du Brabant : le dossier, le complot, les noms" aux éditions de l'Arbre dans lequel il soutient la thèse qu'une série de truands, certains longtemps soupçonnés d'être les tueurs du Brabant et finalement acquittés en justice, ont sans doute été "mouillés" dans les tueries.

Là encore, on trouverait la "patte" du tandem Bouhouche-Beijer.  Ils auraient joué dans un contexte un rôle de logisticiens, fournissant et ensuite reprenant des armes à des exécutants.

En tant que membres de la BSR, les deux gendarmes avaient une bonne connaissance des milieux criminels actifs en Belgique à l'époque.

Ainsi la bande de "Bruno" Farcy, un gros trafiquants de drogue. Son nom apparaît fin des années 70 dans un scandale qui secoue la Gendarmerie. Une section spéciale dirigée par le Commandant François a organisé des trafics pour remonter des filières en se reposant sur des informateurs comme Farcy. Les gendarmes se sont finalement fait prendre à leur propre jeu. L'argent "investi" par les autorités dans ces enquêtes n'a manifestement pas été perdu pour tout le monde.

Et bien, selon Guy Bouten, des hommes de Bruno Farcy, on en retrouve en 1982 lors de l'attaque de l'armurerie Dekaise.

Voici ce que l'on peut lire dans le livre de Guy Bouten, p. 86

"Cela signifie que tu étais quand même impliqué dans quelques attaques de la bande ?"

" ... "

"Le Delhaize de Genval par exemple ?"

" ... "

"Avais-tu des contacts avec l'extrême droite ?"

"J'ai été en prison avec Bouhouche à Nivelles. Il m'a raconté certaine chose. Je ne veux pas en dire plus. Je peux juste dire qu'il craignait pour sa vie."

"Bouhouche est mort. Tu peux parler sans crainte."

"Non. Il n'était qu'un intermédiaire. Mais j'en ai déjà trop dit. Fiche-moi la paix maintenant..."

Celui qui s'exprime ainsi n'est autre que Michel Cocu, membre de la bande des Borains. Une expertise de Claude Dery (démentie par la suite) l'accusait de posséder une arme ayant servi dans des attaques commises en 1982 et 1983. 

Un mauvais devoir d'enquête n'a apparemment pas été le seul moyen de "mouiller" les borains. Sur base du témoignage d'Adriano Vittorio, un membre de la bande décédé en 2006, Guy Bouten est persuadé que des "borains" étaient sur les lieux de la tuerie du Colruyt de Nivelles en 1983.

Rappelons qu'un témoin affirme avoir reconnu Patrick Haemers au Colruyt de Halle. Que Madani Bouhouche a vendu des armes à la bande Haermers. Un témoignage affirme que Patrick Haemers aurait été présent sur le parking du Delhaize d'Alost moins d'une ½ heure avant l'attaque.

Johnny De Staercke, un autre truand, longtemps soupçonné de faire partie des "Tueurs" et finalement acquitté a été vu dans le Delhaize d'Alost deux heures avant l'attaque.

A son tour, la bande De Staercke aurait été utilisée.

Benoît Moulin

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