Tueries du Brabant: la stratégie de la tension en Belgique ?

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Cinq ans avant la prescription des faits, la RTBF consacre un dossier spécial aux tueries du Brabant. Nous avons rencontré Guy Bouten. Cet ancien journaliste de la VRT a publié un livre : "Tueries du Brabant : le dossier, le complot, les noms" aux éditions de l'Arbre dans lequel, il explore la thèse du complot politique. Il y évoque également les liens entre Madani Bouhouche, Robert Beijer, et des personnes susepctées d'être des agents américains. Pour lui, les tueries sont en lien avec une stratégie de la tension mise en oeuvre par le Général américain Westmoreland.

Une autre particularité de Madani Bouhouche et Robert Beijer, c'est leurs liens avec les services secrets américains. Ils seront jugés avec un certain Francis Buslik pour le meurtre d'un transporteur de fonds à Zaventem. Francis Buslik est un agent secret américain.

Madani Bouhouche avait également des contacts avec Frank Eaton, chef de la DEA - la Direction anti drogue américaine - à Bruxelles, qui quitta la Belgique suite aux scandales de la drogue qui ont secoué la gendarmerie belge fin des années 70.

Selon Guy Bouten, Madani Bouhouche et Robert Beijer, étaient avec des éléments de l'armée, de la gendarmerie et des membres d'organisations comme le WNP (Westland New Post, milice d'extrême droite) ou le PIO (Public Information Office) du Major Bougerol, les exécutants en Belgique d'une stratégie de la tension pensée par le Général Westmoreland, commandant des forces de l'OTAN en Europe, visant à restaurer dans certains pays européens "victimes de la subversion communiste" une autorité pro atlantique.

D'où le vol d'armes, l'organisation de caches à destination d'un réseau "Stay behind" (un réseau de résistance activé en cas d'invasion communiste) et l'organisation de coups comme les attaques sanglantes de grands magasins, pour inciter à renforcer le pouvoir.

Rappelons que la note rédigée par le Général Westmoreland définissant sa stratégie de la tension figure dans le rapport de la commission "gladio" du Sénat belge, réunie en 1990 après la révélation des l'existence de réseaux Stay Behind en Belgique et en Europe. Dans cette note on évoque aussi comme stratégie d'infiltrer les mouvements d'extrême gauche et si nécessaire, de pousser leurs éléments les plus radicaux à commettre des actes de violence.

En 1984, alors que les tueries du Brabant connaissaient une "pause", commençaient les attentats des CCC...

 

Benoît Moulin

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