Politique régionale en débat: "Trop de flou, pas assez de sous", selon le PTB, qui "s'est mis hors-jeu lui-même"

Politique régionale en débat: "Trop de flou, pas assez de sous", selon le PTB, qui "s'est mis hors-jeu lui-même"
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Politique régionale en débat: "Trop de flou, pas assez de sous", selon le PTB, qui "s'est mis hors-jeu lui-même" - © BRUNO FAHY - BELGA

Ce lundi, les députés wallons débattent de la nouvelle déclaration de politique régionale. Sans surprise, le PTB a tiré à boulets rouge sur celle-ci. Pour son chef de groupe Germain Mugemangango, "cet accord est celui du flou, c’est le citoyen qui finira payer". Il a détaillé le manque de logements sociaux mais aussi d’emplois. "Le vrai problème de l'emploi, c’est qu’il n’y a pas assez de travail et qu’il faut en créer".

Au niveau économique, il dénonce une continuité de ce qui n’a pas fonctionné.  Germain Mugemangango s’était présenté à la tribune avec une bouteille qu'on pensait d’eau claire. Après l’avoir secouée, son contenu est devenu bleu.

"Les accords du gouvernement me font penser à cette bouteille, a-t-il expliqué à l’assemblée. "Celle d’une stratégie classique, libérale, celle qui a été appliquée pendant 25 ans et qui n’a rien donné! Comme disait Einstein, la définition de la folie est de faire toujours la même chose et d’attendre des résultats différents".

Le PTB a également regretté le manque transparence et de bonne gouvernance dans la nouvelle déclaration. Revenant sur la vente secrète de Voo à un fonds américain par Stéphane Moreau, le député a conclu que 3 ans après le scandale Publifin, rien n’avait changé dans les mœurs politiques wallonnes.  

Formules magiques

Pour André Frédéric, le nouveau chef de groupe socialiste, le PTB a beau jeu de critiquer alors que c’est lui qui a refusé de monter dans un gouvernement. "Souvent le PTB utilise des formules magiques mais si vous aviez pris vos responsabilités à la table des négociations, si vous n’aviez pas fui, peut-être alors que dans le texte vous auriez retrouvé vos priorités !", a-t-il lancé aux députés du PTB. Pour le reste, le groupe socialiste soutient pleinement la déclaration de politique régionale qui "permettra aux wallons de vivre mieux", a souligné le chef de groupe socialiste.

Le cdH François Desquesnes s’est surtout inquiété des sources de financement de la déclaration de politique régionale. "Quels sont vos budgets et vos moyens ? Vos propositions sont alléchantes comme la gratuité partielle des bus mais combien ça va coûter ?". Faisant référence au Luxembourg qui était l’invité luxembourgeois des fêtes de Wallonie, il a ajouté, "si nous étions aussi riches que nos amis luxembourgeois, on pourrait annoncer la gratuité mais ce n’est pas le cas". Il s’est demandé où était passé le docteur Crucke qui veut remettre la Wallonie sur les rails au niveau Budgétaire. Actuellement, il ne voit plus que Mister Jean-Luc, prêt à la dépense. "La vie est faite d’étonnements et c’est le cas de la déclaration. On a l’impression que tous les sujets qui peuvent fâcher ont été mis sous le tapis".

François Desquesnes s’est encore dit déçu de ne pas y voir l’assurance autonomie qui avait pourtant fleuri  dans la note coquelicot et il a annoncé que son groupe compte déposer une proposition de décret plaidant pour cette assurance.

Pour le libéral Jean-Paul Wahl, la déclaration est intelligente car elle se fonde sur 3 piliers ; le social, l’économique et l’écologique qui s’équilibrent et se contrôlent l’un l’autre. Il ne s’inquiète pas de l’aspect budgétaire car les négociateurs se sont entourés d’experts pour évaluer les moyens.

"Quand le communisme a-t-il fait le bonheur des gens?"

Très remonté contre le PTB, il a qualifié leurs propos d’ "excessif et populiste" avant de se lancer dans une longue tirade contre les communistes. "Les avancées que notre société a connu sont un mélange d’idées libérales, de combats socialistes, de valeurs humanistes,... mais dites-moi quand les idées communistes ont-elles fait évoluer la société ? Quand le communisme a-t-il fait les bonheur des gens ? Il n’a créé que misère, drame et malheur. Il n’est pas nécessaire de créer autour de vous un cordon sanitaire, vous êtes en train de le faire vous-même. Restez drapé dans les oripeaux de votre fausse vertu, ils tomberont bientôt d’eux-mêmes".  

Clôturant les interventions de la matinée, Stéphane Hazée a tenu a tenu à rappeler que cette coalition n’était pas une histoire d’amour,  mais le choix du PTB et du cdH de se mettre hors-jeu . "Décumul ou assurance autonomie figuraient dans la note coquelicot, ces dossiers étaient à portée de main des communistes et des humanistes mais ils n’ont pas voulu se mettre autour de la table".

Avec 62,7 % des suffrages, il s’est réjoui de la large majorité qui soutenait le nouveau gouvernement qui n’avait pas de temps à perdre. 

Dans sa réplique, Elio Di rupo a voulu rassurer les députés sur le budget wallon. " La Wallonie se doit d’investir pour les générations futures ! Le travail budgétaire est sérieux, nous avons fait une projection sur 5 ans sur base des paramètres économiques récents, mais il faudra s’adapter et évoluer en fonction du contexte socio-économique ".

Le nouveau ministre-président a également précisé que contrairement à ce qui était envisagé à  Bruxelles, il n’était pas question de mettre en place une taxe kilométrique en Wallonie.

 

 

 

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