Trop cher: il n'y aura plus de vote électronique en Wallonie

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Illustration - © Archive Belga/MICHEL KRAKOWSKI

Dès 2012 les électeurs repasseront au "bon vieux crayon rouge" dans tous les bureaux de vote de Wallonie. Le gouvernement wallon a en effet décidé d'abandonner le vote électronique dans les 39 communes pilotes.

Depuis 1991, 39 communes pilotes avaient adopté le vote électronique, mais dès les prochaines élections communales de 2012, toutes les communes wallonnes retourneront au vote papier, selon les journaux du groupe L'Avenir.

Le gouvernement wallon a pris cette décision parce que les mises à jour (upgrade) du matériel, obsolète, sont devenues impayables, explique le ministre wallon des pouvoirs locaux, Paul Furlan.

Il y a quelques mois, le ministre avait pourtant lancé un marché afin de trouver un système électronique mixte qui permette à la fois de ne pas perturber les habitudes des électeurs tout en gardant une trace papier du vote en cas de recomptage, et le marché d'un système avec un stylo intelligent semblait retenir toutes les attentions.

Seulement ce système coûterait 2,05 euros par bulletin, contre 1,35 pour un vote papier traditionnel, et implanté tout d'abord en test dans les 39 communes pilotes, donc sur une plus petite échelle, le coût passerait à 3,2 euros par bulletin. "Vu la situation budgétaire actuelle, c'était impossible", explique Paul Furlan.

Le ministre reste toutefois en faveur du vote électronique et annonce qu'il va rencontrer les autres Régions et le fédéral pour voir si on ne pourrait pas tous passer au système du stylo électronique pour les élections de 2014. "Nous réaliserions ainsi des économies d'échelle", ajoute-t-il. "J'irai également voir toutes les communes pour vérifier ce qu'elles sont prêtes à mettre sur la table pour passer à un nouveau système."

Jean-Luc Crucke : décision "ahurissante"

Le député wallon et bourgmestre de Frasnes-lez-Anvaing, Jean-Luc Crucke (MR), trouve "ahurissante" la décision du gouvernement wallon d'abandonner le vote électronique dans les 39 communes pilotes.

"Du jour au lendemain, après 20 ans, on renonce à la modernité qui était déjà confinée à 39 communes sur 262. C'est incontestablement un retour en arrière", souligne Jean-Luc Crucke, précisant qu'il interpellera, au nom du groupe MR, le gouvernement wallon.

Les réformateurs s'opposent à la décision non concertée du gouvernement wallon, notamment parce qu'elle ne respecte pas le principe de l'autonomie communale.

Ainsi, Jean-Luc Crucke estime que les bourgmestres et les administrations communales doivent être consultés. "C'est un principe démocratique. Le pouvoir le plus proche du citoyen doit pouvoir organiser des élections de la manière la plus appropriée à sa réalité."

"Nous ne plaidons pas pour une généralisation du vote électronique. Nous insistons sur l'importance du respect du choix posé par les communes", a-t-il encore ajouté.

Par ailleurs, le Mouvement réformateur s'interroge sur les conséquences financières de la décision.


Belga
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