Trois Régions et un État fédéral: qui fait quoi en matière de climat en Belgique?

Lors des différentes manifestations pour le climat de ces dernières semaines, beaucoup remettent en question l’existence de quatre ministres de l’Environnement en Belgique. « Suite à la structure fédérale particulière de la Belgique, la politique de notre pays en matière de climat est assez compliquée », indique le gouvernement fédéral de son propre aveu sur la plateforme en ligne climat.be. Il est certain qu’avec quatre ministres de l’Environnement, il n’est pas toujours évident de s’y retrouver. Qui sont-ils, et quel rôle jouent-ils ?

Avec trois Régions (flamande, wallonne, bruxelloise), trois communautés (française, néerlandophone et germanophone) et un État fédéral, la Belgique compte six gouvernements différents (la Flandre ayant fusionné ses deux gouvernements). L’État et les Régions disposent d’un ministre compétent en matière d’Environnement et de Climat, et ces quatre ministres se répartissent le travail.

Quatre ministres de l’Environnement

L’État fédéral est représenté par la ministre de l’Énergie, de l’Environnement du Développement durable, Marie-Christine Marghem (MR). Elle s’occupe des changements climatiques dans leur aspect le plus global : politique internationale, mise en œuvre de la politique climatique européenne et nationale, la transition vers une société bas carbone à l’horizon 2050 (dont il était déjà question en 2010), ainsi que du système européen d’échange de quotas d’émissions (ETS).

Le service « changements climatiques » est aussi actif au niveau de la communication vers le grand public, mais également au niveau de l’éducation. Il s’agit par exemple de ces « coachs climat » envoyés dans les écoles et dont la ministre fédérale s’est récemment félicitée.

Carlo Di Antonio (cdH) est le ministre wallon de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings. Sous sa tutelle, il y a l’Agence wallonne de l’air et du climat (AwAC). Créée en 2008, elle « gère, au niveau de la Région, la politique de la qualité de l’air, du climat et de l’ozone stratosphérique ». Les Régions sont notamment compétentes dans la gestion des certificats verts qui ont fait beaucoup parler d’eux en Wallonie.

Mais deux autres ministres peuvent être amenés à intervenir dans les discussions en fonction des thèmes abordés. Il s’agit de Jean-Luc Crucke (MR), ministre wallon qui a dans ses compétences l’Energie et le Climat, et de René Collin (cdH) qui gère aussi les questions relatives à la Nature.

La ministre bruxelloise du Logement, de la Qualité de vie, de l’Environnement et de l’Énergie est Cécile Fremault (cdH). La région de Bruxelles-Capitale est active au travers de l’organisme Bruxelles Environnement. Tout comme en Wallonie, elle est chargée de « mettre en œuvre les politiques nécessaires pour atteindre ses objectifs de réduction d’émissions de CO2 ».


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Enfin, côté flamand, c’est Joke Schauvliege (CD & V) qui s’occupe de l’Environnement, de la Nature et de l’Agriculture. Comme les deux autres Régions, la Flandre déclare être attachée à l’atténuation du changement climatique, mais également à son adaptation.

Fonctionnement problématique

Si tout se passe bien en théorie, cette multiplication des institutions a déjà posé plusieurs problèmes par le passé. C’est la saga du Burden Sharing. En 2009, l’Union européenne fixe des objectifs pour la période 2013 – 2020 (le paquet énergie-climat). Chaque état membre se voit alors fixer des objectifs propres.


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Chez nous, les différentes autorités doivent se répartir cet effort à fournir. Problème : comment savoir qui s’occupe de quoi entre Régions et fédéral ? De longues négociations débutent tandis que les autres pays avancent.

En 2015, soit 6 années après l’accord de 2009, on arrive à un accord politique sur la question. Mais son exécution ne suit pas. Résultat, la Belgique se voit « récompensée » d’un « Prix Fossile » par des ONG à l’occasion de la COP21, alors qu’elle en avait déjà reçu un l’année précédente.

En 2017 la saga s’achève enfin. L’accord de coopération est conclu, et la Belgique peut commencer à mettre en œuvre les efforts demandés par l’UE pour la période 2013-2020.

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