Collision ferroviaire à Saint-Georges-sur-Meuse: trois morts et un blessé grave encore hospitalisé

Un train de voyageurs a percuté dimanche soir un train de marchandises présent sur la même voie à Saint-Georges-sur-Meuse, au lieu dit de La Mallieue, sur la dorsale wallonne. Trois personnes ont perdu la vie dans l'accident et neuf blessés ont été transportés à l'hôpital. A midi, un seul blessé grave était encore dans un établissement de soins.

Trois personnes sont décédées dans une collision entre deux trains à Saint-Georges-sur-Meuse dimanche soir, ont confirmé les autorités lors d'une conférence de presse lundi vers 02h30. Neuf personnes sont également blessées à des degrés divers et certaines sont dans un état critique. Quelque 27 autres passagers ont aussi été pris en charge.

Un train de voyageurs transportant une quarantaine de personnes a embouti un train de marchandises à l'arrêt "à une vitesse relativement importante" vers 23h00 dimanche soir, a expliqué à la presse Francis Dejon, le bourgmestre de la commune de Saint-Georges-Sur-Meuse en province de Liège.

Un train de relevage est arrivé en fin de journée sur les lieux.

Un seul blessé grave encore à l’hôpital

Trois personnes ont perdu la vie dans l'accident et neuf blessés ont été transportés à l'hôpital. Les différents blessés ont été répartis dans les hôpitaux de la région. L’un d’eux, grièvement touché, a été admis à l’hôpital de la citadelle. Il s’agit d’un jeune homme de 26 ans qui a été opéré une première fois dans le courant de la nuit, et une seconde fois ce lundi matin. Il souffre de plusieurs fractures aux côtés et aux vertèbres ainsi que de douleurs abdominales. Les 4 hôpitaux de la région liégeoise et hutoise ont accueilli 10 blessés, que certains d’entre eux ont déjà pu quitter ce midi.

"Le train de voyageurs est véritablement dans un état lamentable, c'est très impressionnant. La première voiture est recroquevillée sur elle-même. Nous avons beaucoup de chance qu'il n'y ait pas plus de victimes", a décrit Francis Dejon lors de la conférence de presse.

Voitures couchées sur les voies

Le train reliait Mouscron à Liers et, sous le choc, deux des six voitures ont déraillé avant de se coucher sur les voies. 

La circulation des trains est interrompue entre Namur et Liège. D'après Nathalie Pierard, porte-parole de la SNCB, cette interruption pourrait durer plusieurs jours, le temps de dégager les voies.

La SNCB a mis en place un service de bus entre Flémalle et Huy et assure des correspondances avec les trains, d’une part vers Liège et d’autre part vers Namur. En raison de l'accident, des déviations ont été mises en place au niveau local.

Ecoutez le point presse du bourgmestre de St Georges et d'Infrabel

Des secours rapidement sur les lieux

Un centre de crise a été mis en place dans la commune d'Amay avoisinante. Les services de secours sont très vite arrivés sur le lieu de l'accident, dont la Croix-Rouge et les pompiers des zones de Huy, Amay, Andenne et Liège.

Au total, une trentaine de secouristes et cinq membres du service d'aide psychosociale ont été dépêchés sur les lieux, a indiqué Nancy Ferroni, porte-parole de la Croix-Rouge. Un poste de secours avait également été mis en place sur la nationale, proche du rail, afin d'évacuer les blessés vers les hôpitaux.

En outre, un centre d'hébergement a été installé à l'abbaye de Flône où les familles sont venues chercher les victimes.

Un plan d'intervention médicalisée a été déclenché ce qui a permis l'intervention de la Croix-Rouge. Le centre de crise a fermé vers 3h30, précise Nancy Ferroni.

Les secouristes étaient à un poste avancé afin de donner les premiers soins aux blessés, envoyés ensuite dans les différents hôpitaux de la région liégeoise, dont celui de Huy, ainsi que le CHU et le centre hospitalier de la Citadelle de Liège pour les cas les plus critiques.

Cinq membres de l'aide psychosociale sont également intervenus afin d'aider les voyageurs qui s'en sont sortis indemnes, mais qui étaient choqués par l'accident.

A 100km/heure

Une enquête judiciaire est ouverte, confirme Nathalie Gobin, substitut du procureur du Roi de Liège. Le parquet, des enquêteurs et des experts sont présents sur place pour déterminer les causes et les circonstances de l'accident.

Il s'agit de déterminer "quels sont les responsables s'il y en a", a indiqué Nathalie Gobin.

"Plusieurs enquêtes sont menées de front par le parquet", a pour sa part indiqué le bourgmestre Francis Dejon. D'autres enquêtes pourront effectivement aussi être ouvertes, en interne, aux chemins de fer ou au niveau des assurances, évoque la substitut du procureur du Roi de Liège.

A Huy, Brigitte Leroy, procureur du Roi de Division a précisé que la vitesse du train qui a percuté le convoi de marchandises était de 100 Km/heure : "Un train de marchandises qui circulait à faible allure, à environs 10-15 km/heure, s'est vu emboutir par l'arrière par un train de voyageurs qui lui, par contre, circulait à une vitesse assez élevée puisque c'était 100km/heure."

Un incident lié à la foudre dans la journée ?

"La SNCB va participer à l'enquête de près", a précisé la société de chemin de fer. Le porte-parole d'Infrabel, Frédéric Sacré, ne se prononce encore sur aucune hypothèse. Il signale néanmoins qu'un incident lié à la foudre a eu lieu sur la ligne dans la journée

Le compte Twitter de la SNCB avait en effet mentionné vers 21h30 dimanche soir "un dérangement de la signalisation" sur cette ligne L125 entre Amay et Engis, précisant alors que la situation était rétablie et que la circulation avait repris normalement.

Selon les premières constatations, l'infrastructure n'aurait pas subi de dégâts. Cela signifie qu'une fois les wagons enlevés, la circulation des trains pourra reprendre sur cette ligne, qui relie Huy à Flémalle. L'opération devrait durer une demi-journée, selon Infrabel.

L'Organisme d'enquête pour les accidents et incidents ferroviaires a ouvert une enquête sur les circonstances de l'accident.

Les membres de l'organisme sont sur place pour effectuer les constatations nécessaires, précise Sven Heyndrickx, porte-parole du SPF. L'organisme d'enquête a été mis en place en 2011 pour enquêter sur les accidents graves sur le rail. "Le but n'est pas de désigner les fautifs, ce qui est du ressort du parquet, mais de voir comment on peut améliorer la sécurité afin que ça ne se reproduise pas".

Registre de condoléances

Le bourgmestre de Saint-Georges-sur-Meuse, Francis Dejon, désire ouvrir un registre de condoléances en hommage aux victimes de l'accident. Il compte demander à Jean-Michel Javaux, bourgmestre d'Amay, de lancer une initiative commune.

Francis Dejon compte faire part au collège communal de Saint-Georges-Sur-Meuse d'accepter qu'un cahier de condoléances soit accessible aux concitoyens. Il prévoit prendre contact avec Jean-Michel Javaux afin de lancer une initiative commune. La décision sera prise mardi.

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