Treize ministres unissent leurs forces pour améliorer l'aide aux détenus francophones

Hausse de l'offre en formations professionnelles, accès à la culture et aux sports, soutien psychologique pour prévenir le suicide: les entités fédérées francophones du pays ont adopté lundi un plan commun afin d'améliorer l'aide et les services à destination des détenus à Bruxelles et en Wallonie.

Longtemps à la traîne par rapport à la Flandre dans ce domaine, les différents gouvernements francophones ont décidé de mieux articuler leurs compétences respectives -et aussi d'augmenter les moyens financiers- pour améliorer l'assistance à la population carcérale.

"L'objectif, c'est clairement de leur donner toutes les chances d'une réinsertion réussie", a justifié Cécile Jodogne (DéFI), ministre bruxelloise de la Santé, à l'issue d'une conférence interministérielle (CIM) rassemblant ministres bruxellois, wallons et de la Fédération.

Grâce à ces efforts, l'offre de formations dans les prisons sera augmentée. Il devrait ainsi être possible pour un plus grand nombre de détenus d'y apprendre un métier, voire des langues. Les détenus détenteurs de compétences pourront les faire valider, avec un potentiel diplôme à la clé.

Une nouvelle structure, le SARJEPS, servira de guichet unique pour l'offre de formations en milieu carcéral en Fédération Wallonie-Bruxelles. "Il s'agit de valoriser le temps passé en détention pour apprendre un métier", souligne Isabelle Simonis (PS), ministre en charge de l'enseignement de Promotion sociale.

Un tiers des détenus à Bruxelles, et un quart des prisonniers wallons, suivent aujourd'hui des formations au cours de leur incarcération, mais l'objectif est d'augmenter ces pourcentages à l'avenir.

Outre la formation, le plan commun vise aussi à augmenter l'offre culturelle en prison.

Plusieurs projets locaux seront ainsi soutenus financièrement, comme un cours d'impro à la prison de Jamioulx, un spectacle de la Monnaie à la prison de Saint-Gilles, un projet média avec l'agence Alter à la prison de Mons, ou encore la création de bibliothèques, etc.

D'autres projets visent, eux, à stimuler la pratique du sport derrière les barreaux. L'Adeps mettra ainsi à disposition des prisons du matériel -ainsi que des moniteurs- pour assurer différentes séances de sport.

"Les détenus sont des citoyens à part entière", rappelle le ministre des Maisons de Justice, Rachid Madrane (PS), à l'initiative de cette CIM. "Ils ont donc eux aussi droit à la culture, droit à la formation, droit de faire du sport. Faire tout cela c'est lutter contre la récidive, et en faisant cela, on protège la société! ".

Le plan d'action comporte également un volet relatif à la prévention des maladies transmissibles (Sida notamment), ainsi qu'en matière de santé mentale. Le taux de suicide est en effet huit fois plus élevé en prison que dans le reste de la société...

On recense actuellement quelque 5000 détenus en Wallonie et à Bruxelles, dont un millier dans les prisons de la capitale.

Si la politique pénitentiaire relève toujours du fédéral, l'offre de services aux détenu-e-s a été déléguée aux entités fédérées dans le cadre de la sixième réforme de l'Etat.

Au total, ces politiques bénéficieront de 4,5 millions d'euros en 2017 et 5,8 millions en 2018.

 

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