"Tout est mis en place pour qu'on puisse réagir le plus vite possible" : la ministre de l'Education détaille les mesures prises pour la rentrée

"Tout est mis en place pour qu’on puisse réagir le plus vite possible" : la ministre de l'Education détaille les mesures prises pour la rentrée
"Tout est mis en place pour qu’on puisse réagir le plus vite possible" : la ministre de l'Education détaille les mesures prises pour la rentrée - © THIERRY ROGE - BELGA

C’est un jour de rentrée scolaire inédit pour les élèves et les enseignants. Le coronavirus est toujours bien présent ce mardi 1er septembre, les écoles sont en code jaune, mais la ministre de l’Education en Fédération Wallonie-Bruxelles, invitée dans "Matin Première", se veut confiante.

"On est mieux préparé qu’en mars"

En ce jour de rentrée, la ministre se dit partagée par un double sentiment : "Je suis très soulagée que l’ensemble des élèves puissent reprendre le chemin de l’école, après parfois 6 mois d’interruption. C’était vraiment de ma responsabilité de garantir le droit à l’éducation pour tous les élèves". Au soulagement s’ajoute l’inquiétude : "On va continuer à suivre les chiffres avec attention pour pouvoir éventuellement, le cas échéant, adapter les mesures au fur et à mesure, voire basculer en code orange ou en code rouge si jamais l’épidémie s'aggrave en cours de l’année scolaire. Tout est mis en place pour qu’on puisse réagir le plus vite possible". 

Car si les écoles basculent en code orange ou rouge, il faudra mettre en place des cours à distance : "On est mieux préparé qu’en mars", assure la ministre. Cette préparation sous-entend d'assurer l'équipement des élèves, la fourniture d'ordinateurs notamment. Pour cela, le travail est en cours selon Caroline Désir : "Les ministres Pierre-Yves Jeholet et Frederic Daerden sont chargés de piloter cette task force pour veiller à l’équipement des élèves et à leur connectivité. De mon côté, on a travaillé sur le renforcement des ressources pédagogiques numériques qui sont à disposition des enseignants. La plateforme "E-classe" d’abord qui compile déjà pas mal de ressources pédagogiques et qui a été renforcée. Et on a mis sur pied une toute nouvelle plateforme qui s’appelle "Happi" et qui est un environnement de travail sécurisé numérique pour les écoles qui n’en disposeraient pas jusqu’à présent". 

La ministre dit également avoir accentué le nombre de formations à destination des enseignants: “C'est le cas notamment en e-learning pour aider les enseignants à imaginer comment modifier leurs cours, comment faire un cours à distance. Il y a encore une marge de progression notamment sur l’équipement mais on a fait des bonds de géant”. 

 

Masques : des temps de pause pour les enseignants

Dans l’école et aux abords de l’école, les seuls adultes qui ne porteront pas de masque, ce sont les instituteurs de maternelle. Mais la ministre précise également que des temps de pause sont accordés à tous les professeurs si les mesures de sécurité sont d’application. "L’idée, c’est que dans chaque établissement, il y ait des moments de pause, de respiration. Tout le monde sait très bien que porter un masque 8h par jour, ce n’est pas confortable et cela suscite des inquiétudes chez les enseignants et les élèves pour ce qui concerne le secondaire. Le mieux, c’est de prendre des moments de pause quand on est dehors et qu’on peut garder la distance avec ses collègues".  Mais ces pauses sont aussi possibles à l’intérieur des établissements scolaires : "On peut très bien imaginer cela en classe : si on a une classe qui est suffisamment aérée, qu’on a une distance d’1m50 avec ses élèves, qu’on n’est pas en train de parler à voix haute,... là aussi, de temps en temps, on peut enlever son masque et respirer".

Caroline Désir le concède, cette mesure n’est pas très écologique, d’autant plus à l'approche de l’hiver : “Ce n’est pas l’idéal sur le plan écologique. On recommande en effet d’aérer les locaux au moins deux ou trois fois par jour. Il faudra peut-être évidemment penser à mettre un pull à vos enfants en hiver. Mais c’est très important en terme de circulation du virus”. 

En ce qui concerne la fourniture de masque aux écoles, la ministre considère que la Fédération Wallonie-Bruxelles a rempli son contrat : "On a équipé l’ensemble du personnel de toute la Fédération Wallonie-Bruxelles avec deux masques par personne au mois de mai et juin. Entre temps, nous avons tous reçu un masque par personne de la part du fédéral et les communes ont parfois fourni deux masques par personne". Les écoles n’en recevront donc pas davantage. 

Pour ce qui est des contrôle, Caroline Désir en appelle à la responsabilité de chacun : "Toutes ces familles qui reviennent de vacances et de zones rouges ont l’information qu’ils doivent se faire tester et se mettre en quarantaine. Ils ont reçu un QR code de la part des affaires étrangères. Effectivement, on ne va pas pouvoir mettre un directeur d’école devant chaque famille pour voir si elle respecte bien l’obligation". 

 

Réduire les inégalités 

Le cabinet de la ministre de l’Enseignement a également commandé une étude à l’université de Liège et de Louvain. Dans cette étude, on apprend que 78,5% des élèves du secondaire en la Fédération Wallonie-Bruxelles ne sont pas retournés à l’école depuis le 16 mars, date du début du confinement strict. "Rattraper ce retard, c’est le défi de cette rentrée et c’est là-dessus que l’on va devoir concentrer notre énergie pour ce premier trimestre", assure la ministre. "On va se retrouver avec des élèves qui ont parfois des niveaux très différents, avec certains qui n’ont pas tout à fait les acquis pour commencer l’année dans les meilleures conditions. Il y a eu moins de redoublement que les autres années pour ne pas les pénaliser. Du coup, c’est vrai que l’année scolaire va être un peu plus compliquée pour les enseignants". 

17 millions d’euros ont été dégagés par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour pouvoir financer des périodes complémentaires : "Ces sont des professeurs complémentaires dans la moitié des écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui sont les moins favorisées. Ça va nous permettre de mettre en place cet accompagnement personnalisé". Et pour toutes les autres écoles, Caroline Désir dit veiller à un soutien sur le plan pédagogique : "L’administration a travaillé sur un site internet pour veiller à l’accompagnement pédagogique des enseignants qui vont devoir mettre en place une stratégie de différenciation après avoir posé le diagnostic dans leur classe pour savoir où se trouvent les difficultés de leurs élèves”. 

Et d’ajouter : "Le confinement a agi comme une sorte de miroir grossissant de toutes les difficultés qui existent déjà dans notre système scolaire. Ces inégalités sont un des maux de notre enseignement. Effectivement des élèves sont passés en dessous des radars et c’est ceux-là, en priorité, qu’on doit raccrocher à l’école cette année". 

 Si réduire ces inégalités est une priorité, la ministre assure également que la réflexion sur le changement du rythme scolaire n’est pas abandonnée. “Je souhaite me parer de ce dossier. C’est d'ailleurs inscrit noir sur blanc dans notre accord de gouvernement. Il faut laisser un petit peu de temps aux acteurs, autres que l’école pour s’adapter. Je pense au secteur du tourisme, au secteur de la jeunesse pour l’organisation par exemple des stages ou des camps scouts. Mais l’idéal, ce serait d’avoir sept semaines de travail et puis deux semaines de congé, de repos pour pouvoir recharger les batteries. On le voit avec cette crise, on a besoin de temps en temps de se ressourcer et de permettre à notre système immunitaire de se renforcer”. 

Le travail à ce propos n’a pas évolué à cause de la crise du coronavirus. Difficile donc de dire quand ce changement sera mis en application. "Ma volonté est d’aboutir à cette législature", souligne Caroline Désir.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK